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27 Jul

Louis XVII au Temple, avec son geôlier le cordonnier Antoine Simon (par Yan' Dargent)

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Louis XVII

Louis XVII au Temple, avec son geôlier le cordonnier Antoine Simon (par Yan' Dargent)

Louis XVII au Temple, avec son geôlier le cordonnier Antoine Simon (par Yan' Dargent)

Antoine Simon

né en 1736 à Troyes

mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris

maître cordonnier et révolutionnaire français, passé à la postérité pour avoir été le geôlier de Louis XVII au Temple en 1793

Biographie

Fils de François Simon, marchand boucher à Troyes, et de Marie-Jeanne Adenet, il est baptisé le 21 octobre 17361. Envoyé jeune à Paris, il y apprend le métier de cordonnier. Il se marie une première fois, en novembre 1766, avec Marie-Barbe Hoyau, veuve Munster, qui meurt à l'Hôtel-Dieu, le 11 mars 17862. Il se remarie le 20 mai 1788, dans la paroisse Saint-Côme-Saint-Damien, avec Marie-Jeanne Aladame, née à Paris (Paroisse Saint-Étienne-du-Mont) le 25 juin 17463, morte dans la même ville, à l'hospice des Incurables, le 10 juin 18194, servante, fille de Fiacre Aladame, charpentier, et de Reine-Geneviève Aubert.

Engagé dans le mouvement révolutionnaire, il devient officier municipal de la Commune de Paris. Le 3 juillet 1793, le Comité du Salut Public lui confie la garde et l'éducation du fils de Louis XVI5.

Les auteurs royalistes, comme Jacques Mallet du Pan, ont diffusé l'image d'un Simon violent, vulgaire et alcoolique qui, avec son épouse, aurait eu un comportement abusif et brutal envers l'ancien dauphin6,7. Il n'est cependant pas prouvé que l'enfant ait subi des sévices durant cette période. Georges Bordonove trace le portrait d'un Simon « brave bougre », d'une intelligence et d'une culture limitées, entièrement dévoué à la cause révolutionnaire, malléable et fortement influencé par des dirigeants politiques comme Pierre-Gaspard Chaumette et Jacques-René Hébert, qu'il renseignait scrupuleusement. Le cordonnier suivait l'idée de Chaumette de « donner quelque éducation » au prince en l'éloignant de sa famille « pour lui faire perdre l'idée de son rang »8.

N'ayant pas d'enfant et ne sachant pas s'en occuper, Simon réclame l'aide de sa femme, Marie-Jeanne Aladame, qui lui est accordée par la commune, avec trois mille livres d'appointement. Il semble que Madame Simon ait pris un certain soin de l'enfant, le nourrissant parfois plus que de raison et parvenant à lui rendre de la vivacité9. Les époux Simon sont cependant considérés par les historiens comme des personnages frustes et incultes. Selon certaines sources, Simon aurait parfois fait boire du vin à l'enfant, dans l'idée de lui donner de la vigueur, et lui aurait appris des mots grossiers « pour en faire un homme ». Le régime alimentaire et les leçons d'éducation administrés au prince par le couple Simon semblent avoir été fantaisistes9. En outre, Simon semble avoir aidé Hébert à échafauder des accusations d'inceste contre Marie-Antoinette, l'enfant déclarant dans un procès-verbal que la reine encourageait ses séances de masturbation et le mettait souvent à coucher entre elle et sa tante à cette occasion10 mais il est probable que le procès-verbal soit truffé de chausse-trappes tendus au jeune enfant et pas exclu qu'il ait pu le rédiger sous la menace d'une gifle ou sous l'emprise d'une rasade d'eau-de-vie11.

En janvier 1794, son épouse tombe malade et Simon quitte le Temple pour assumer ses fonctions municipales.

Mis hors-la-loi avec les autres membres de la Commune le 9-Thermidor, Antoine Simon est guillotiné sur la place de la Révolution le 28 juillet 1794 (10 thermidor An II) en même temps que Robespierre, Saint-Just et Couthon,

Louis XVII et le cordonnier Simon. Gravure de Yan' Dargent, d'après le dessin d'E. Deschamps (Histoire de la Révolution d'Adolphe Thiers, 1866).

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