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01 Aug

02 août 1793: La Conciergerie

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #[1789-1793]

 

 

 
 
 

LA DERNIERE DEMEURE DE MARIE ANTOINETTE (MERCI DE NE PAS PARTAGER LE TEXTE) Il ne fallut pas plus de vingt minutes au cortège qui conduisait la reine en sa dernière demeure pour faire le trajet du temple à la conciergerie en cette nuit du 2 août 1793. Lorsque le fiacre s’arrêta sous l’arcade de la Cour de Mai, à droite du grand escalier de notre Palais de Justice actuel. Marie-Antoinette en descendit, elle traversa la petite cour en contrebas et s’arrêta devant les portes de la prison. Les gardes qui accompagnaient la reine ne crurent pas utile de se servir du marteau pour se faire ouvrir la porte et frappèrent à grand coup de crosse de fusil ! Ce fût Larivière, l’un des huit porte-clefs, encore tout ensommeillé qui vint leur ouvrir ; il devina dans l’ombre, ce sont ces paroles, « une grande et belle femme » entourée d’hommes dont les uniformes brillaient dans la nuit. Marie-Antoinette se baissa et enjamba le seuil de pierre séparant les deux guichets et se trouva dans un vestibule éclairé. Ce fût à ce moment -là, un Larivière stupéfait qui reconnût en cette grande femme, la Reine de France ! Elle était vêtue d’un long vêtement noir qui donnait encore plus d’éclat à sa blancheur extraordinaire. Larivière l’avait souvent vue à Versailles où il avait été apprenti pâtissier à « la bouche du Roi ». Les gardes entraînèrent la reine vers le greffe, une petite pièce qui donnait à gauche sur le vestibule c’est là que devait se dérouler la fouille et la séance traditionnelle de l’écrou, mais Michonis changea d’avis et rapidement poussa Marie-Antoinette vers un troisième guichet qui s’ouvrait sur un corridor très sombre, presque noir. En quelques pas, Marie-Antoinette arriva dans sa nouvelle demeure, un cachot tout suintant d’humidité, prenant le jour par une fenêtre basse située presque au ras du sol de la cour des femmes. Cette cellule fût quelques heures auparavant occupée par le Général de Custines. Dans l’après-midi du 1er août, Madame Richard, aidée de sa servante, la jolie Rosalie Lamorlière, avait fait chercher chez le tapissier Bertrand qui demeurait à deux pas de la conciergerie, un lit de sangle, deux matelas, un traversin, une couverture, un fauteuil en canne servant de garde -robe et un bidet de basane rouge garni de sa « seringle », le tout neuf pour servir à ladite « veuve Capet ». Madame Richard avait ajouté une table et deux chaises de paille. Richard, le concierge, c’était alors le nom que portait le directeur de la prison, posa le gros livre d’écrou sur la table et nota l’entrée de sa 280e prisonnière, « prévenue d’avoir conspiré contre la France » ainsi qu’en fait mention le texte du registre. Il est intéressant de noter qu’il n’y avait donc pas en août 1793 à la conciergerie des milliers de prisonniers ainsi que certains l’affirment habituellement… Ce fût ensuite le paquet d’objets qui avaient été saisis au temple qui fût ouvert, Richard les énuméra, les nota à mesure sur son livre maculé de tâches. Marie-Antoinette restée debout, abasourdie, traitée sans plus d’égards qu’une voleuse ou une fille ramassée sur la voie publique assistait à cette scène dégradante. Dans cette pièce petite et basse, pleine de monde, il faisait trop chaud et à plusieurs reprises Marie-Antoinette dû essuyer de grosses gouttes de sueur qui coulaient sur son visage. Pendant ce temps, Richard ramassa et refit le paquet et demanda à la Reine d’apposer son cachet. Tout était enfin terminé, la Reine de France était « écrouée » ! Maintenant elle se retrouvait seule avec Madame Richard et Rosalie, elle contempla l’horrible nudité du cachot que le jour commençait faiblement à éclairer, cela n’avait plus rien à voir avec l’ameublement dont elle disposait au Temple, ameublement certes modeste mais jamais de sa vie, si ce n’est à Varennes et encore, Marie-Antoinette n’avait eu à s’asseoir sur de telles chaises, jamais elle n’avait mangé sur une telle table ! Grâce à Madame Richard elle put se consoler d’avoir un bon lit garni de linge fin. Rosalie, avait même, de sa propre initiative, apporté de sa chambre un petit tabouret d’étoffe. Marie-Antoinette regardait autour d’elle, elle cherchait où elle pourrait accrocher sa montre qu’on lui avait laissée, cette petite montre qu’elle avait apporté d’Autriche il y a vingt-trois ans, il y vit un clou rouillé planté dans la muraille, mais très haut, elle monta alors sur le tabouret de Rosalie, suspendit sa montre. Puis elle commença à se déshabiller, elle était lasse, Rosalie s’approcha timidement de la Reine et lui offrit son aide : « je vous remercie, ma fille, mais depuis que je n’ai plus personne, je me sers moi-même » lui répondit avec douceur Marie-Antoinette. Le jour était maintenant levé, Madame Richard et Rosalie emportèrent les Flambeaux. Marie-Antoinette demeura seule ; sans doute elle pensa à Charles et à Marie-Thérèse tout en sachant qu’elle ne les reverrait plus ! (texte propriété de Chantal Mansart)

 
 
LA DERNIERE DEMEURE DE MARIE ANTOINETTE


Il ne fallut pas plus de vingt minutes au cortège qui conduisait la reine en sa dernière demeure pour faire le trajet du temple à la conciergerie en cette nuit du 2 août 1793. Lorsque le fiacre s’arrêta sous l’arcade de la Cour de Mai, à droite du grand escalier de notre Palais de Justice actuel. Marie-Antoinette en descendit, elle traversa la petite cour en contrebas et s’arrê
ta devant les portes de la prison. Les gardes qui accompagnaient la reine ne crurent pas utile de se servir du marteau pour se faire ouvrir la porte et frappèrent à grand coup de crosse de fusil ! Ce fût Larivière, l’un des huit porte-clefs, encore tout ensommeillé qui vint leur ouvrir ; il devina dans l’ombre, ce sont ces paroles, « une grande et belle femme » entourée d’hommes dont les uniformes brillaient dans la nuit.
Marie-Antoinette se baissa et enjamba le seuil de pierre séparant les deux guichets et se trouva dans un vestibule éclairé. Ce fût à ce moment -là, un Larivière stupéfait qui reconnût en cette grande femme, la Reine de France ! Elle était vêtue d’un long vêtement noir qui donnait encore plus d’éclat à sa blancheur extraordinaire. Larivière l’avait souvent vue à Versailles où il avait été apprenti pâtissier à « la bouche du Roi ».
Les gardes entraînèrent la reine vers le greffe, une petite pièce qui donnait à gauche sur le vestibule c’est là que devait se dérouler la fouille et la séance traditionnelle de l’écrou, mais Michonis changea d’avis et rapidement poussa Marie-Antoinette vers un troisième guichet qui s’ouvrait sur un corridor très sombre, presque noir. En quelques pas, Marie-Antoinette arriva dans sa nouvelle demeure, un cachot tout suintant d’humidité, prenant le jour par une fenêtre basse située presque au ras du sol de la cour des femmes. Cette cellule fût quelques heures auparavant occupée par le Général de Custines. Dans l’après-midi du 1er août, Madame Richard, aidée de sa servante, la jolie Rosalie Lamorlière, avait fait chercher chez le tapissier Bertrand qui demeurait à deux pas de la conciergerie, un lit de sangle, deux matelas, un traversin, une couverture, un fauteuil en canne servant de garde -robe et un bidet de basane rouge garni de sa « seringle », le tout neuf pour servir à ladite « veuve Capet ». Madame Richard avait ajouté une table et deux chaises de paille.
Richard, le concierge, c’était alors le nom que portait le directeur de la prison, posa le gros livre d’écrou sur la table et nota l’entrée de sa 280e prisonnière, « prévenue d’avoir conspiré contre la France » ainsi qu’en fait mention le texte du registre. Il est intéressant de noter qu’il n’y avait donc pas en août 1793 à la conciergerie des milliers de prisonniers ainsi que certains l’affirment habituellement… Ce fût ensuite le paquet d’objets qui avaient été saisis au temple qui fût ouvert, Richard les énuméra, les nota à mesure sur son livre maculé de tâches.
Marie-Antoinette restée debout, abasourdie, traitée sans plus d’égards qu’une voleuse ou une fille ramassée sur la voie publique assistait à cette scène dégradante.
Dans cette pièce petite et basse, pleine de monde, il faisait trop chaud et à plusieurs reprises Marie-Antoinette dû essuyer de grosses gouttes de sueur qui coulaient sur son visage. Pendant ce temps, Richard ramassa et refit le paquet et demanda à la Reine d’apposer son cachet.
Tout était enfin terminé, la Reine de France était « écrouée » !
Maintenant elle se retrouvait seule avec Madame Richard et Rosalie, elle contempla l’horrible nudité du cachot que le jour commençait faiblement à éclairer, cela n’avait plus rien à voir avec l’ameublement dont elle disposait au Temple, ameublement certes modeste mais jamais de sa vie, si ce n’est à Varennes et encore, Marie-Antoinette n’avait eu à s’asseoir sur de telles chaises, jamais elle n’avait mangé sur une telle table ! Grâce à Madame Richard elle put se consoler d’avoir un bon lit garni de linge fin. Rosalie, avait même, de sa propre initiative, apporté de sa chambre un petit tabouret d’étoffe.
Marie-Antoinette regardait autour d’elle, elle cherchait où elle pourrait accrocher sa montre qu’on lui avait laissée, cette petite montre qu’elle avait apporté d’Autriche il y a vingt-trois ans, il y vit un clou rouillé planté dans la muraille, mais très haut, elle monta alors sur le tabouret de Rosalie, suspendit sa montre.
Puis elle commença à se déshabiller, elle était lasse, Rosalie s’approcha timidement de la Reine et lui offrit son aide : « je vous remercie, ma fille, mais depuis que je n’ai plus personne, je me sers moi-même » lui répondit avec douceur Marie-Antoinette.
Le jour était maintenant levé, Madame Richard et Rosalie emportèrent les Flambeaux. Marie-Antoinette demeura seule ; sans doute elle pensa à Charles et à Marie-Thérèse tout en sachant qu’elle ne les reverrait plus !
 
 
(texte propriété de Chantal Mansart)
 
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