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03 Dec

03 décembre 1792

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #[1789-1793]

Le 3 décembre, Robespierre monte à la tribune à son tour pour reprendre l’idée de Saint-Just.

 

Il déclare :

« Louis fut roi, et la république est fondée. […] La victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle : Louis ne peut donc être jugé ; il est déjà condamné, ou la république n’est point absoute. Louis doit mourir parce qu’il faut que la patrie vive »

 

En clair, pour Robespierre, juger le roi, c’est faire l’hypothèse qu’il peut être innocent et que, en conséquence, la Révolution peut être coupable.

Puisque Louis est un « corps hors la nation » comme l’a souligné Saint-Just, la Révolution doit tout simplement le détruire.

Il y a incompatibilité entre le roi et les citoyens.

Louis XVI constitue une « exception monstrueuse » au principe d’égalité.

Deux sacralités sont opposées : celle du roi et celle de la Révolution.

Donc, « Louis doit mourir parce qu’il faut que la patrie vive »

C’est un sacrifice fondateur qui doit être accompli selon Robespierre.

Et de fait, la mort de Louis XVI sera bien un « sacrifice », un « rite fondateur » et un « rite de sang » pour reprendre les mots d’Antoine de Baecque.

 

Contrairement à Morisson, Robespierre et Saint-Just ne visent pas le « roi des Français » de 1791, mais le roi absolu d’Ancien Régime.

Il y a incompatibilité entre le monarque de droit divin et le citoyen.

 

Dans son ensemble, la Convention ne partage pas les vues de Robespierre.

Par ailleurs, le 20 novembre est survenu un coup de théâtre : on a découvert au palais des Tuileries une armoire de fer dans laquelle se trouvait toute la correspondance de Louis XVI avec l’étranger.

Cette découverte précipite l’ouverture du procès.

Le 3 décembre, les députés décrètent que « Louis Capet et ses défenseurs seront entendus à la barre de la Convention nationale »

 

Ainsi, dès les débats d’avant-procès, fut évoquée la mort sacrificielle de Louis XVI.

De plus, même si l’Assemblée a opté pour le procès, elle est toutefois inquiète du danger que représente Louis vivant.

Comme l’a vu Joseph de Maistre, les controverses sur l’inviolabilité du roi furent « l’escalier de l’échafaud ».

 

Le procès du roi s’ouvrira devant la Convention le 10 décembre 1792.

Prénommé dès son arrestation Louis Capet, il est défendu par Desèze, Malesherbes et Tronchet.

Pendant ce procès, Louis XVI sera déclaré « coupable de conspiration contre la liberté de la nation et d’attentats contre la sûreté générale de l’État »

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Louis XVI n'entend pas s'accommoder de la monarchie constitutionnelle mise en place à partir de 1791. Il tente de fuir pour demander l'aide de l'empereur d'Autriche. Reconnu à Varennes, il est arrêté et ramené à Paris.

Cependant l'Assemblée constituante refuse de le démettre de ses fonctions. Le 17 juillet 1791, elle fait tirer sur la foule venue au Champ-de-Mars signer une pétition pour la déchéance du roi. Louis XVI conserve son trône mais le régime perd la confiance du peuple.

Les souverains des pays voisins commencent à craindre une contagion révolutionnaire et envisagent de venir en aide au roi ; ils massent des troupes aux frontières où se trouvent les émigrés. Le 20 avril 1792, l'Assemblée législative ayant déclaré la guerre à l'Autriche, l'armée française essuie une sévère défaite. Le roi en est tenu pour responsable.

Le 10 août, le palais des Tuileries est pris d'assaut, la famille royale est enfermée dans la prison du Temple : c'est la fin de la monarchie.

 

Le 3 décembre 1792, la Convention nationale décide que Louis XVI sera jugé par elle. Le procès commence le 10 décembre et dura jusqu’au 26 décembre, date du plaidoyer de De Seze.

 

Les principaux chefs d’accusation

D’avoir tenté d’empêcher la réunion des États généraux, et par là avoir attenté à la liberté.

D’avoir rassemblé une armée contre les citoyens de Paris et de ne l’avoir éloignée qu’après la prise de la Bastille.

De n’avoir pas tenu ses promesses à l'Assemblée constituante, d’avoir éludé l’abolition de la féodalité et laissé piétiner la cocarde tricolore provoquant ainsi les journées des 5 et 6 octobre 1789.

D’avoir prêté serment lors de la fête de la Fédération pour essayer ensuite de corrompre l'Assemblée constituante en particulier par l’intermédiaire de Mirabeau.

D’avoir trompé l’Assemblée constituante en lui adressant copie d’une lettre adressée aux agents diplomatiques indiquant qu’il avait accepté librement la Constitution, tout en prodiguant l’argent du peuple pour préparer la fuite de la famille royale.

Convention passée entre Léopold II et le roi de Prusse pour rétablir la monarchie française.

D’avoir envoyé des sommes considérables au marquis de Bouillé et aux émigrés.

D’avoir eu une part dans l’insurrection du 10 août 1792.

D’avoir autorisé Septeuil à faire un commerce considérable de grains, de sucre et de café.

D’avoir mis son veto au décret prévoyant la formation d’un camp de 20 000 fédérés.

D’être responsable de la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791.

 

Louis XVI est condamné à mort pour une seule petite voix de majorité.

Le 15 janvier le débat pour décider du sort du roi abouti au vote des députés qui décidèrent à 361 voix sur 721 de la mort de l'ancien souverain. Il est guillotiné le 21 janvier 1793.

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