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04 Apr

05 avril 1794: Fabre d'Eglantine

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

 

 

François Fabre d'Églantine

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fabre_d%27%C3%89glantine

poète révolutionnaire 

 

Philippe-François-Nazaire Fabre

 

né et baptisé le 29 juillet 1750 à Carcassonne 

 

guillotiné à Paris le 5 avril 1794

 

acteur, dramaturge, poète et homme politique français.

 

Biographie

Fils d’un avocat au Parlement de Toulouse, Fabre d’Églantine, passionné par la poésie, obtient un « lys d’argent » pour un Sonnet à la Vierge présenté aux Jeux floraux de Toulouse. Il préfère s’attribuer la première récompense à ce concours, l'« églantine d’or », qu’il accole à son nom, comme Jean-Marie Collot d'Herbois.

 

Fabre d’Églantine s’engage dans une troupe de comédiens ambulants et parcourt la France : il est à Grenoble en 1772, à Chalon-sur-Saône en 1775, à Beauvais l’année suivante. En décembre 1776, il arrive à Namur, dans les Pays-Bas autrichiens. Il en est chassé un an plus tard, pour avoir tenté de s’enfuir avec une jeune fille de quinze ans, fille de comédiens de la troupe[1].

 

Le 9 novembre 1778, il épouse à Strasbourg Marie-Nicole Godin, petite-fille par alliance de Lesage. Le couple joue à Maastricht de 1779 à 1781, où Fabre d’Églantine fait représenter, le 7 février 1780, sa première pièce Laure et Pétrarque, opéra-comique dont il reste la romance Il pleut, il pleut, bergère. Il joue ensuite à Arras (1781), Douai (1782) et Lyon (1784). L’année suivante, il obtient la direction du théâtre de Nîmes, en même temps que celle du Théâtre de la Comédie d'Avignon.

 

 

Établi à Paris à partir de 1787, il écrit plusieurs pièces :

  • Les Gens de lettres, ou le Poète provincial à Paris
  • Augusta
  • Le Présomptueux, ou l’Heureux imaginaire.

Sa fatuité, son besoin d’intriguer sans cesse l’ayant fait haïr de ses collègues, ceux-ci montent une cabale contre lui, et ses pièces, par ailleurs souvent médiocres, sont sifflées.

Seules Le Collatéral (1789) et Le Philinte de Molière (1790) obtiennent un triomphe. Sauvé de la prison pour dettes par une lettre de Louis XVI, il passe à la postérité avec la Révolution.

Fabre s’était déjà fait connaître au théâtre par plusieurs pièces qui avaient obtenu du succès, lorsqu’éclata la Révolution.

D’abord indifférent à l’agitation autour de lui, Fabre d’Églantine y voit à la fin de 1789 l’occasion de se faire un nom. Habitant le secteur des Cordeliers, membre du club local, il se lie avec Georges Jacques Danton et Jean-Paul Marat, fait aussi partie du club des Jacobins mais continue à se consacrer surtout au théâtre.

Épitre de Fabre d’Églantine à Turgot.

 
 

Il écrit :

  • Le Philinte de Molière ou la Suite du Misanthrope, pièce d’esprit révolutionnaire. C’est une comédie en 5 actes et en vers qui fut représentée en 1790 au Théâtre de la Nation : c’est le tableau de l’égoïste victime de son égoïsme même ;
  • Le Convalescent de qualité, ou l’Aristocrate, éloge du roi ;
  • deux opérettes : L’Apothicaire et Isabelle de Salisbury.

Sa farce, L’Intrigue épistolaire, a un grand succès. Sa dernière œuvre, Le Sot orgueilleux, représentée quelques jours avant le 10 août 1792, tourne en dérision les révolutionnaires au pouvoir et déplaît aux nouveaux détenteurs du pouvoir en France. Mais cela ne suffit pas à faire vivre Fabre d’Églantine qui dépense l’argent beaucoup plus vite qu’il ne le gagne.

Au début de 1791, il offre à la cour, par l’intermédiaire du ministre de la Marine Dubouchage, de créer au club des Jacobins une tendance favorable à la monarchie, moyennant trois millions. On ne prend pas au sérieux ce personnage dépourvu de toute influence. Le 11 août 1792 voit enfin le terme de ses problèmes financiers : devenu ministre de la Justice, Georges Danton l’engage comme secrétaire avec Camille Desmoulins et Pierre-François-Joseph Robert.

Puisant dans les fonds secrets, Fabre d’Églantine ne néglige pas non plus d’autres affaires véreuses : Maximilien de Robespierre l’accusera d’avoir vendu, avec un bénéfice net de 40 000 livres, des souliers destinés à l’armée qui s’en allèrent en morceaux au bout de douze heures d’usage. Publiant un journal par affiches, Compte rendu au peuple souverain, où il « dépassait Jean-Paul Marat en fureur », Fabre d’Églantine est un des principaux responsables des Massacres de septembre 1792 par ses appels au meurtre.

Élu député à la Convention par le département de la Seine (1792), il y intervient peu, préférant les intrigues dans l’ombre, votant au gré de ses intérêts. Il votera la mort de Louis XVI. Entré au Comité de guerre, il s’adonne avec délectation à la prévarication, aux dépens de l’État. Affairiste, il est en liaison avec Marc René Marie d'Amarzit de Sahuguet d'Espagnac et le baron Jean de Batz, spécule sur les actions de la Compagnie des Indes. Il agit surtout par des campagnes de presse dans La Gazette de France qu’il dirige. Il est l’auteur de la dénomination des mois et jours du calendrier républicain, dont le principe avait été établi par le Montagnard Charles-Gilbert Romme, et c’est lui qui le fit adopter à la Convention.

Fabre d’Églantine

 
 

Entré au Comité de sûreté générale, il aurait participé au montage d'une fructueuse opération de liquidation des sociétés commerciales et bancaires en affaires avec leurs homologues étrangers. Il est probablement - cela n'a pas été prouvé - l’auteur d'un décret modifié sur le papier après son adoption par la Convention. Il portait que la Compagnie des Indes se liquiderait elle-même et c'est Joseph Delaunay d'Angers qui livra l'article ainsi modifié à l'imprimeur. l'affaire fut découverte et le scandale éclata.

Ses votes à la Convention sont incohérents : d’abord en faveur de Jacques Pierre Brissot et de la faction des Indulgents ou dantonistes, puis en faveur de Maximilien de Robespierre contre les Hébertistes, les exagérés, contre les « pourris », enfin, ses anciennes relations d’affaires, lorsque le pot aux roses est découvert. C’est par lui que Robespierre peut frapper son protecteur Georges Danton. Robespierre le présente comme le mauvais génie de Danton. Fabre d’Églantine a, selon Robespierre, « l’art de donner aux autres ses propres idées et ses propres sentiments à leur insu ».

Exclu des Jacobins, accusé par André Amar de faux en écriture et de concussion, Fabre d’Églantine fut arrêté. Il fut condamné et guillotiné avec Danton le 17 germinal an II (le 5 avril 1794).

La légende veut qu’il ait pleuré sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers... ».

Fabre avait eu une grande part à la rédaction du calendrier républicain. Ses Œuvres ont paru à Paris, 1802, 2 volumes in-8°. On a encore de lui Les Précepteurs, qui ne furent joués que cinq ans après sa mort : il y met en scène l’application des principes de l'Émile de Jean-Jacques Rousseau.

  1. Voir Georges de Froidcourt, Le procès de Fabre d’Églantine devant le Magistrat de Namur en 1777, Liège, Protin et Vuidar, 1941.

 

Exécution de Fabre d'Églantine

Les dimanches dans l'histoire

./Fabre d'Églantine, Archives départementales. Photo DDM,.
./Fabre d'Églantine, Archives départementales. Photo DDM,.
./Fabre d'Églantine, Archives départementales. Photo DDM,.

Né rue de Verdun en 1750, Philippe-François Fabre se voit décerner par l'académie toulousaine des Jeux floraux le prix symbolisé par un lys d'argent, et non l'églantine d'or, ce qui ne l'empêcha pas d'ajouter d'Eglantine à son nom en se faisant passer pour noble par la même occasion. Il mène ensuite une carrière d'acteur, se fait connaître par sa romance « Il pleut, il pleut, bergère », et écrit des pièces de théâtre qui ont peu de succès.

Durant la Révolution, Fabre participe à la rédaction du calendrier républicain et se retrouve secrétaire de Danton ; quand ce dernier, en 1792, devient ministre de la Justice, il a accès aux fonds secrets, trafique sur les fournitures aux armées et se trouve impliqué dans divers scandales. Violemment attaqué par Robespierre, il est condamné à mort et guillotiné en compagnie de Danton et de Camille Desmoulins le 5 avril 1794.

Le témoignage du bourreau

Or, sur cette exécution, nous avons le témoignage de Charles-Henri Sanson, dont la famille exerça la charge d'exécuteur des hautes œuvres de 1688 à 1847, et qui tint durant la Révolution un journal quotidien publié par son petit-fils.

Le 5 avril 1794, donc, un gendarme annonce à Sanson : « Tu as du gros gibier aujourd'hui », et il voit arriver dans le groupe des quinze condamnés Fabre d'Églantine soutenu par deux guichetiers, car il paraissait malade.

Mais notre compatriote manifeste bientôt une grande colère, frappant du pied en s'écriant : « Ce ne serait pas assez de m'assassiner, il faudrait dépouiller celui qu'on égorge ». Ce disant, il s'élève contre l'infamie des membres du comité de Salut Public dirigé par Robespierre qui lui ont, affirme-t-il, volé une pièce.

Pendant « la toilette » qui consiste à couper les cols de chemise et les cheveux des divers condamnés, Fabre continue à se lamenter sur la perte de sa comédie, et s'attire cette réplique de Danton qui lui lance en riant : « Des vers, avant huit jours, tu en feras plus que tu ne voudras, et nous aussi ».

Sur ce, tout le groupe entassé sur une charrette gagne l'actuelle place de la Concorde où est dressée la guillotine ; en passant devant la maison où réside Robespierre, Fabre s'exclame : « Vil Tartuffe », mais c'est la voix de Danton qui domine toutes les autres. Au pied de la guillotine, toujours selon Sanson, « Fabre disait, se parlant à lui-même : sachons mourir. Mais son émotion était grande, et il avait de la peine à la dompter ». Danton mourut le dernier ; on connaît sa dernière phrase adressée aux bourreaux : « N'oubliez pas de montrer ma tête au peuple, elle en vaut la peine ».

La Révolution française vue par son bourreau : Charles - Henri Sanson. Édition de l'Instant, 1988.

 

 

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