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05 Aug

06 août 1793: Destruction des tombes royales à Saint-Denis

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

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Destruction des tombes royales à Saint-Denis

  http://www.des-gens.net/IMG/jpg/tombes-royales-a-saint-denis-g-.jpg

du 06 août au 08 août 1793

  Les tombeaux royaux et princiers sont profanés durant la révolution française, entre le 6 août et le 25 octobre 1793.
Les corps de plus de 150 personnes sont précipités dans deux fosses communes creusées dans l’ancien cimetière des moines au Nord de la basilique.
Au total, les révolutionnaires y ont jeté les restes de :
- 43 rois
- 32 reines
- 63 princes du sang
- 10 serviteurs du royaume
- plusieurs grands abbés de Saint-Denis …
http://www.journalepicurien.com/wp-content/uploads/2009/08/Louis16-monument-st-denis.jpg
Ces restes humains vont rester enfouis dans ces deux grandes fosses pendant 23 ans

La physionomie de la Basilique Roayle de Saint-Denis était le 06 août 1793 ce qu'elle est aujourd'hui: les nefs, les chapelles n'ont point changé; les cénotaphes de Clovis II et de Carloman sont aux mêmes places, à quelques pas du maître-autel; dans le croisillon nord, les figures de louis XII et de la reine Anne, à genoux et les mains jointes, surmontaient, comme aujourd'hui, la plate-forme du mausolée

http://i53.tinypic.com/rjo3t1.jpg 

Exhumation des restes des rois et des reines de France dans le cimetière des Valois
par François Debret et Joseph François Heim.
Musée du château de Versailles © RMN

Seulement, ce jour-là, la vieille église s'éveillait soudain de sa morne et majestueuse somnolence: elle était toute grouillante de soldats à bonnet rouge, d'ouvriers armés de marteaux et de leviers

Les ouvriers étaient dirigés par un entrepreneur connu, Scellier, sous la surveillance des commissaires de la Convention, des délégués de la Commission des Arts et des préposés de l'administration municipale

Ajoutons que parmi les membres de la Commission des Arts figuraient Alexandre Lenoir et deux médecins, les citoyens Thourel et Puison

 

Il y avait également de nombreux groupes avides de voir

 

Un homme était là, un témoin oculaire qui nous a laissé une relation fort précieuse des évènements: le citoyen Druon, un bénédictin. Il a consigné dans un cahier de 16X20 de 10 feuillets un récit d'une grosse écriture droite et serrée, contenant 18 pages de textes et quelques ligues seulement au verso du dernier feuillet, paraphé en marge de la première page et au bas de la dernière "Penthoin, Dombray, Canet, le 18 janvier 1807" et portant au bas de la dernière page encore "J'ai trouvé et pris ce journal chez un ci-devant révolutionnaire, le 3 janvier 1804"

 

Ce journal "Journal historique de l'extraction des cercueils royaux, dans l'Eglise de Saint-Denis"

 

Cette pièce est inscrite aux Archives Nationales sous la côte AE 15 et renfermée dans une armoire de fer avec les pièces les plus précieuses, munies de sceaux d'or et d'argent, le testament de Napoléon Ier, les étalons du mètre et du kilogramme

 

C'était un ancien religieux de l'Abbaye, Don Druon, qui assista à l'oeuvre profanatrice: attentif, prudent, silencieux, il en suivit tous les détails, la plume à la main, et en dressa le journal avec le relief saisissant des choses vues

 

Dans la même liasse se trouvent trois autres manuscrits autographes:

1° L'un est de feu dom Laforcade, ancien religieux de l'Abbaye de Saint-Denis, portant sur la couverture cette mention: "Ce manuscrit a été remis par les maires et adjoints de la ville de Saint-Denis, entendus comme témoins, le 13 janvier 1817". Il contient le ré"cit des exhumations à peu près dans les mêmes termes que le manuscrit de Dom Druon, avec quelques renseignements sur l'exhumation de Turenne et une page de réflexions philosophiques et religieuses au dernier feuillet

2° Le deuxième est pour ainsi dire une copie presque textuelle du maniscrit de Don Druon, avec une addition importante et précieuse sur l'exhumation de Turenne. Il porte sur la couverture la mention suivante: "Procès-verbal communiqué par monsieur Tinthouin, officier de la garde nationale de Saint-Denis". "Le journal de Tinthouin avait été trouvé parmi les papiers d'un sieur Boneufaux, ancien secrétaire du district de Saint-Denis". Procès verbal du 8 janvier 1817 (Arc Nat AE 15)

 

3° Et un manuscrit donnant le détail des destructions du mois d'Août et, à la suite, la relation littérale de Dom Druon, portant cette mention sur la couverture: "Ce manuscrit a été confié à mon fils par M. l'abbé de Verneuil, curé de Saint-Denis, le 6 janvier 1817"

Il a été relaté en entier par Chateaubriand dans ses notes du Génie du Christianisme

 

C'est à Don Druon qu'est due la relation émouvante de l'ouverture et de la profanation de ces grands sépulcres; on ne le vit s'en éloigner que quand l'oeuvre fut achevée

 

Ce ne fut pas sans quelques difficulté que Don Druon parvint à rédiger son journal

 

Gautier parle " Des disgrâces qu'il a éprouvées des cannibales. Don Druon mourut à Saint-Denis le jeudi 2 juin 1796" Mémoires de Gautier, dernier organiste de l'Abbaye. Exemplaire de la Bibliothèque de Saint-Denis"

 

Bien qu'un peu trop tracé avec la rigidité d'un procès-verbal, son récit est, néanmoins, du plus grand intérêt

C'est luique nous allons suivre, en élaguant certains détails superflus et en comblant les lacunes à l'aide de nombreuses notes émanant toutes de témoins oculaires

 

Est-il utile de rappeler que nous n'avons pas entrepris la description des effigies et des monuments qui exigerait à elle seule tout un volume, et que notre but est seulement d'en retracer la destruction? Disons pourtant que, sous l'habile direction de Viollet-le-Duc, les tombeaux échappés au massacre ont repris ou à peu près leur place primitive dans la Basilique et que les statues de peirres d'empereurs carolingiens qu'on voit dans la crypte ont été sculptées du temps de Napoléon Ier pour une chapelle qui ne fut pas construite

 

Les premiers coups de marteau étaient donnés le 06 août 1793

 

Chose digne de remarque!

 

Le premier tombeau que rencontra le marteau des démolisseurs fut la chapelle funéraire du fondateur de l'Abbaye, de Dagobert inhumé dans l'église le 16 janvier 638

 

Cet élégant monument ogival occupait, comme aujourd'hui, une place d'honneur à côté de l'épître

http://lh4.ggpht.com/_KgK888XUkIs/S4Q4mYhev_I/AAAAAAABaOA/jdsN679iMdc/_D7E7108.JPG

 

Les ouvriers brisèrent la statue couchée du roi; mais ils respectèrent celles debout de Nanthilde et de leur fils Clovis II

 

Celle que l'on voit aujourd'hui est due à M. Geffroy-Dechaume

 

On conserva également le bas-relief à trois étages représentant, dans un ordre ascentionnel, la vision légendaire qu'un saint solitaire eut à son sujet, "parce que , style de l'époque, ce morceau de sculpture pouvait servir à l'histoire de l'art et à celle de l'esprit humain"

 

On n'ouvrit pas le cercueil: sa profanation devait faire partie des journées d'octobre

 

Sans perdre de temps, les ouvriers passèrent aux tombeaux de Clovis II et de Charles Martel

http://www.galerie.roi-president.com/albums/paris-2005/abbaye%20de%20saint%20denis/normal_gisant-charles-martel-et-clovis-II.JPG

 

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Charles Martel (ca688-741) 
maire du palais d’Austrasie, puis de Neustrie et de Bourgogne, il ne monta pas sur le trône mais sa victoire sur les musulmans en 732 l’auréola d’une gloire qui rejaillit sur les Pippinides en pleine ascension. Tout naturellement, lui qui exerçait la réalité du pouvoir se fit inhumer dans la basilique Saint-Denis. Son gisant fut commandé par Saint-Louis vers 1263. L’épitaphe de sa première épouse, Rotrude (ca695-724) fut retrouvé par Alexandre Lenoir et placée au musée des Monuments français. Elle se trouve aujourd’hui au musée de Cluny

On ne brisa pas les statues qu'on se contenta de desceller

 

Sous la dalle tumulaire des cercueils en forme d'ange ne contenanient que quelques os à peine reconnaissables et un peu de cendre

 

On souleva ensuite la statue de Pépin le Bref: un cercueil de pierre, grossièrement taillée, contenait un peu de cendre et quelques fils d'or, vestiges des vêtements consumés

Pépin le Bref (714-768) 

maire du palais, ce fut lui qui mit fin au simulacre qui depuis plus d’un siècle maintenait artificiellement la dynastie mérovingienne. En 751, c’est par un coup d’Etat légitimé par le pape qui a besoin du bras armé des Pippinides qu’il se fait sacrer roi des Francs. C’est donc en roi qu’il se fit inhumer dans la basilique Saint-Denis, rejoint plus tard par son épouse, Berthe, dite « aux grands pieds ». Leurs deux gisants, présents dans la basilique, furent commandés par Saint-Louis vers 1263.

 

C'est tout ce qui restait du premier roi de la dynastie carlovingienne, après un peu plus de mille ans

 

Puis, ce fut le tour des tombes de Berthe, femme de Pépin, dont le nom fut si aimé et si populaire

 

de Carloman, frère de Charlemagne

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Carloman (751-771) 
frère cadet de Charlemagne, il devint roi des Francs avec lui en 768 et reçut nombre de terres aujourd’hui sur le territoire français. Bien qu’inhumé à Reims, la basilique Saint-Denis possède son gisant, commandé par Saint-Louis vers 1263.

 

d'IHermentrude

http://www.landrucimetieres.fr/spip/IMG/jpg/79_ErmentrudePETIT.jpg

 

de Louis III et de son frère Carloman, ce Nemrod français qui s'était fait tuer par un sanglier à quelques lieues de la Basilique

 

http://www.histoire-fr.com/images/gisants_louis_III_carloman_saint_denis.gif

Louis III (863-882) 

roi de Francie occidentale de 879 à sa mort. Inhumé en la basilique Saint-Denis. Son gisant fut une commande de Saint-Louis vers 1263.

  • JPEG - 22.6 koCarloman (ca866-884) proclamé roi avec son frère Louis III, il reçut la Bourgogne et l’Aquitaine puis gouverna la totalité à la mort de son frère et jusqu’à son propre décès. Inhumé en la basilique Saint-Denis. Son gisant fut une commande de Saint-Louis vers 1263.                                                                              

D' Hugues le Grand (ca897-956) : fils du roi de France Robert Ier, il ne porta lui-même jamais ce titre, préférant l’exercice réel du pouvoir au port illusoire de la couronne, mais il prépara le terrain pour son propre fils, Hugues Capet. Face aux Grands, il se fit au contraire le médiateur des derniers carolingiens, rétablissant Louis IV après la mort de Raoul Ier, puis Lothaire. Duc de France, il fut inhumé en la basilique St Denis : la situation était mûre pour la prise de pouvoir définitive de sa dynastie

D'Hugues Capet (ca941-996) : roi élu puis sacré (987-996), il associa au trône dès son avènement son fils Robert, appelé à lui succéder. Cette tradition d’associer le fils aîné au sacre fut maintenue par les Capetiens jusqu’en 1179. Inhumé en la basilique Saint-Denis, tout comme son épouse Adélaïde de Poitiers (ou d’Aquitaine)

 

 

D'Henri Ier

  • JPEG - 25.5 ko Gisant de Henri Ier - St Denis.  (ca1008-1060) : roi de 1031 à 1060. Inhumé en la basilique Saint-Denis. Sa seconde épouse, Anne de Kiev, fut inhumée dans l’abbaye de Villiers près de La Ferté-Alais (91) : On possède une description de cette tombe datant de 1682 : « C’eft une tombe plate dont les extrémitez sont rompuës. La figure de cette Reine y eft gravée, ayant fur fa tefte une couronne à la manière des Bonnets que l’on donne aux Electeurs : il y a un retour en demi cercle, où commence fon Epithaphe en ces termes Hic jacet Domina Agnes uxor quondam Henrici Regis, le refte est rompu, & fur l’autre retour on lit, Eorum per mifericordiam Dei requifcant in pace ». Le tombeau fut détruit avec l’abbaye en 1792.

Louis VI le Gros (ca1080-1137) : roi de 1108 à 1137. Inhumé en la basilique Saint-Denis. Sa seconde épouse, Adélaïde (Alix) de Savoie, fut inhumée en l’abbaye Saint-Pierre de Montmartre qu’elle avait fondée. On peut encore y voir sa dalle funéraire.

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Gisant de Louis VI - St Denis.

son fils Philippe et de Constance de Castille
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Gisant de Constance de Castille - St Denis.

Elles contenaient des cercueils d'environ trois pieds de long, recouverts d'une pierre en dos d'âne; tous ne renfermaient que des ossements

 

Une lame de plomb, apposée sur chaque cerceuil, donnait le nom du défunt et la date de son décès, très lisibles encore

 

 

Dans le cercueil de Constance de Castille, pourtant, on trouva son sceau d'argent de forme ogivale pesant trois once et demie

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2a/ConstancieKastilie.jpg

 

il fut déposé à la municipalité

 

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Etat de la crypte central de Saint-Denis (XIX° S. jusqu'en 1975) avant le nouvel aménagement de Formigé.
Les cercueils de Louis XVIII et des siens, de Mesdames filles de Louis XV, de Louise de Lorraine (épouse d'Henri III), de Louis VII, de Louis XVI et de Marie Antoinette y étaient rassemblés en deux rangées sur des tréteaux. On les a descendus vers 1977 dans le caveau en dessous.
A la place ont été déposées des dalles de marbre noire avec les noms des princes .

On ne voit ici que la rangée de droite. Au fond de l'abside de la crypte, l'armoire des coeurs, aujourd'hui détruite.
On aperçoit les deux cercueils contenant les restes supposés de Louis XVI et de Marie Antoinette juste au milieu

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