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09 Jun

10 juin 1795: Enterrement de Louis XVII

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Louis XVII, #Décès

Mercredi 10 juin (22 prairial)

 

Un enterrement à la sauvette

 

Sitôt le décès de l'enfant constaté, il est naturellement décidé de pratiquer une autopsie

 

Le Comité de sûreté craint les répercussions de la disparition de l'héritier du trône de France

 

Les gardiens sont tenus au secret et, pendant deux jours, la nouvelle n'est connue de personne à l'extérieur de la prison

 

La République est toujours en guerre, mais les négociations sont engagées avec plusieurs puissances ennemies

 

La nouvelle de la mort de Louis XVII risque fort de raviver la haine dans toutes les cours d'Europe et chez les royalistes français, encore nombreux et dont la colère grande encore

 

Le fils "Capet" est inhumé

 

Le 10 juin, deux jours après son décès, le Comité de sûreté décide de l'inhumation "du fils Capet"

 

Le 22 prairial (mercredi 10 juin), à six heures du soir, le citoyen Dusser, commissaire de police, accompagné des citoyens Arnoult et Goddet, commissaires civils de la section du Temple, se présenta à la tour pour procéder, conformément à un arrêté du comité de sûreté générale, à la constatation du décès du petit Capet et à l'inhumation de ses restes.

 

Ils montèrent avec les gardiens au second étage de la tour.

 

Un rayon de soleil glissait par la fenêtre et éclairait, sur un bois de lit sans matelas, le drap taché de sang qui recouvrait les restes du petit-fils de Louis XIV.

 

Ce drap enlevé, la victime apparut portant les traces que les hommes de l'art avaient laissées de leur passage : le scalpel de la science avait mutilé ce corps déjà défiguré par les tortures; mais il avait respecté ce visage pâle et amaigri sur lequel, à l'expression de la douleur, avait succédé un caractère indicible de calme

 

Ses yeux, qu'aucune main de la terre n'avait fermés, s'étaient clos d'eux-mêmes; ou plutôt on eût dit que, depuis que les hommes avaient quitté le chevet du lit fatal, un ange était venu souffler sur cette petite tête, qui, si jeune et si frêle, avait porté la couronne d'épines de sa famille.

 

La déclaration du décès fut rédigée : cette pièce, restée jusqu'à ce jour tellement ignorée qu'on a pu en nier l'existence, nous semble offrir assez d'intérêt pour être reproduite ici par l'autographie, ainsi que l'acte mortuaire, enregistré deux jours plus tard, d'après le nouveau document que nous publions aujourd'hui.

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Après avoir signé cet acte dans la chambre voisine, les commissaires se rapprochèrent encore du lit funèbre.

 

Je ne sais quels sentiments avait éveillés dans leur âme un spectacle si extraordinairement triste

 

Mais longtemps ils le contemplèrent muets et immobiles.

 

Enfin, rompant ce long silence:

« Est-ce que tout n'est pas prêt? demanda l'un d'eux. Que fait l'homme qui a été envoyé?—J'attends » répondit une grosse voix dans l'ombre; c'était celle de l'employé aux inhumations, qui, debout près de la porte, tenait un cercueil sous le bras,

« Approche et dépêchons »

 

Et l'homme des funérailles posa ses voligcs sur le carreau.

 

Il prit le corps de l'orphelin royal et le mit nu dans la bière  en bois blanc , car celui qui avait été bercé dans la pourpre n'avait pas un linceul pour être enseveli.

 

Tiens, voici pour lui mettre sous la tête, dit le plus jeune des commissaires en donnant son mouchoir; ses collègues le regardèrent d'un œil équivoque, étonnés de sa faiblesse, peut-être de son audace, et de sa piété pour les morts.

 

Cet exemple encouragea les bonnes dispositions de Lasne : il s'empressa d'aller chercher un drap de lit qui servit de linceul à ce dernier Roi de la monarchie.

 

Et quatre clous scellèrent les planches de sapin : le bruit du marteau sur le cercueil d'un enfant ébranla le sol de la vieille salle, et fit aux échos de la tour féodale retrouver leur voix endormie.

 

La bière fut descendue dans là première cour, posée sur des tréteaux et recouverte d'un drap noir.

 

En quittant le seuil de la chambre déserte où s'étaient éteintes tant de souffrances inconnues, le pauvre Goinin dit à Gourlet qui marchait derrière tous les autres :

« Tu n'as plus besoin de fermer la porte de fer »

 

II avait raison : le prisonnier était libre

 

La prison allait rester morne et silencieuse

 

La perversité humaine avait accompli son œuvre et s'était retirée.

 

Il était sept heures lorsque le commissaire de police ordonna la levée du corps et le départ pour le cimetière.

 

On était aux plus longs jours de l'année

 

L'inhumation n'eut donc pas lieu en cachette et la nuit, comme quelques narrateurs mal informés l'ont dit ou écrit : elle eut lieu en plein jour

 

Elle avait attiré un grand concours de monde devant la porte du palais du Temple.

 

Un des municipaux voulait faire sortir le cercueil secrètement-par la porte qui donnait dans l'enclos du côté de la chapelle

 

Mais le commissaire de police Dusser, plus specialement chargé de diriger la cérémonie, sut, à la satisfaction de Lasne et de Gomin, s'opposer à cette mesure peu convenable, et le cortége sortit par la grande porte.

 

La foule qui s'y pressait était contenue et alignée derrière un ruban tricolore que tenaient, de distance en distance, les gendarmes d'ordonnance de service au Temple.

 

La commisération et la tristesse étaient peintes sur toutes les figures.

 

Un petit détachement de troupe de ligne de la garnison de Paris, que l'autorité avait envoyé, attendait le convoi à sa sortie pour lui servir d'escorte.

 

On se mit en marche.

 

La bière recouverte du drap mortuaire fut portée à bras sur un brancard par quatre hommes qui se relevaient deux à deux par intervalles

 

Elle était précédée de six a huit hommes commandés par un sergent.

 

Derrière marchaient Lasne et les commissaires civils déjà nommés :

 

Les citoyens J. Garnier, chef de brigade de la section de Montrenil

 

Pierre Vallon, capitaine de la même section

 

Damont, de service le jour de la mort, le 20 prairial

 

Darlot, idem, le 21

 

Guérin, le 22 et Bigot qui devait l'être le lendemain.

 

Parmi eux se trouvaient aussi Goddet, Biart et Arnoult, que la section du Temple avait adjoints à Dusser pour constater le décès et surveiller l'inhumation.

 

Puis venaient encore six à huit hommes et un caporal.

 

On prit les rues de la Corderic; de Bretagne, du Pont-aux-Chaux, de Saint-Sébastien, de Popincourt, de Basfroid, et on entra au cimetière Sainte Marguerite par la rue Saint-Bernard.

 

La foule escorta longtemps le convoi

 

Un grand nombre de personnes le suivirent même jusqu'au cimetière.

 

Ces quelques soldats autour d'un petit cercueil attiraient l'attention publique et provoquaient des questions tout le long de la route.

 

Il se fit surtout un mouvement d'intérêt marqué dans un groupe considérable qui s'était formé au coin du boulevard et de la rue du Pontaux-Choux, et qui, en grande partie, était composé de femmes.

 

Les noms de petit Gapet, et surtout de Dauphin, circulaient de bouche en bouche avec des exclamations de pitié et d'attendrissement.

 

Plus loin, dans la rue Popincourt, quelques enfants du peuple se découvrirent en signe de respect et de sympathie devant ce cercueil qui contenait un enfant mort plus pauvre qu'ils ne devaient vivre eux-mêmes.

 

Le convoi entra dans le cimetière Sainte-Marguerite, non par l'église, comme le rapportent quelques narrations, mais par la vieille porte de ce cimetière.

Fichier:Rue Saint-Bernard Eglise Sainte-Marguerite - Plaque commemeoratrice.jpg

Le cimetière Sainte-Marguerite, sous la Révolution se trouvait entre Paris et le village de Charonne, au niveau du 36 rue Saint-Bernard, à côté de l’église Sainte-Marguerite dans le 11e arrondissement.

Ce cimetière fut affecté aux inhumations des guillotinés de la place de la Bastille entre le 9 juin et le 12 juin 1794 puis des premières victimes de la place du Trône Renversé (place de la Nation aujourd'hui) avant que leurs corps ne soient envoyés au cimetière de Picpus.

On pense aussi que c'est dans ce cimetière qu'a été inhumé le corps de « l'enfant du Temple » (Louis XVII)

 

L'inhumation se fit dans le coin, à gauche, à huit ou neuf pieds du mur d'enceinte, et à égale distance d'une petite maison qui a servi depuis de classe à l'école chrétienne.

 

La fosse fut comblée

 

Aucun tertre n'en indiqua la place

 

Le sol remué reprit son niveau, et toute trace d'inhumation disparut.

 

C'est alors seulement que se retirèrent les commissaires de la police et de la municipalité.

 

Il était près de neuf heures

 

Il faisait jour encore.

 

L'air était pur, et l'auréole de vapeur lumineuse qui couronnait cette belle soirée semblait prolonger les adieux du soleil.

 

Deux factionnaires furent placés, l'un dans le cimetière, l'autre à la porte d'entrée, afin que personne ne vint enlever le corps de Louis XVII.

 

Cette précaution fut prise pendant deux ou trois nuits

 

Au retour du cimetière, les personnes qui avaient présidé à cette triste cérémonie dressèrent l'acte d'inhumation de ce pauvre petit Prince.

 

En voici la minute, que possèdent les archives de la préfecture de police:

 

« L'an troisième de la République française, le vingt-deux prairial, sept heures du soir, nous Dominique Goddet et Nicolas-Laurent Arnoult, commissaires civils de la section du Temple, en exécution de l'arrêté du comité de sûreté générale de la Convention nationale eu datte de ce jour, dont la teneur suit:

« Du vingt-deux prairial, l'an trois de la République française. Le comité de sûreté générale arreste que le comité civil de la section du Temple se concertera avec les commissaires de garde au Temple pour faire donner la sépulture au fils de Louis Capet dans le lieu, suivant les formes ordinaires, en présence de nombre de témoins déterminé par la loi, et encore de deux membres du comité civil de laditte section du Temple.

Les représentants du peuple, membres du comité de sûreté générale signés; ainsi signé, Boudin, Pémartin, Courtois, C.-Alex. Isabeau, Piene, J. V. Rovere, Bergoing, Président, Pierre Guyomar, Sevestre, J. B. Genevois.

 

En conséquence et pour l'exécution de la loi du 20 sept. 1792, nous avons requis le citoyen Pierre Dusser, commissaire de police de notre section, à l'effet de se transporter avec nous à la tour du Temple, pour y constater le décès du fils de Capet, où étant, les citoyens Lasne et Gomin, commissaires de garde au Temple, et le citoyen Etienne-Joseph Guérin, commissaire civil dela section de l'Homme armé, de service cejourd'huy à la tour, nous ont représenté un cadavre du sexe masculin, de l'âge de dix ans, gissant sur un lit, lequel a été reconnu pour être celui de Louis-Charles Capet, et nous avons reçu la déclaration desdits citoyens Lasne et Gomin qualifiés des autres parts, au registre des décès déposé ès mains dudit commissaire de police.

 

Nous avons de suite fait déposer dans une bierre le corps dudit enfant de Capet, et accompagné des citoyens Jacques Garnier, chef de brigade de la section de Montreuil, demeurant grande rue du faux bourg Antoine, n* 109, Pierre Vallon, capitaine de la même section, demeurant porte Antoine, n° 4, et Lasne, commissaire de garde au Temple, nous avons conduit ce corps au cimetière Sainte-Marguerite, rue Bernard, faux bourg Antoine, lieu ordinaire des inhumations de notre arrondissement, où il a été déposé dans une fosse qui a été recouverte en notre présence : le calme et la tranquillité ont régné sur notre marche.

 

De tout ce que dessus, nous avons fait et dressé le présent procès-verbal, heure de dix du soir, lesdits jour, mois et an que dessus, et avons signé:

Lasse. Vallon. Garnier , chef de brigade.
  Goddet, commissaire. Arnoult, commissaire.

Dusser, commissaire de police.
  Gomin. GuÉrin, commissaire civil de la section
de l'Homme armé, de service au Temple. 

 

Fichier:Lasne, Etienne.jpg

Étienne Lasne

 

militaire et peintre en bâtiment français, connu pour avoir été le dernier gardien de Louis XVII à la prison du Temple

 

 

toujours gardé le dépôt qui lui a été confié?

 

C'est là une question qu'il nous est impossible de résoudre avec certitude.

Dans cette perplexité, nous devons nous borner à mettre sous les yeux du lecteur les divers renseignements que nous avons réunis sur ce sujet, et dans l'ordre où nous les avons recueillis.

 

Le premier acte qui, pour nous, vint contredire la déclaration de Lasne touchant la sépulture particulière, fut cette lettre que nous adressa, en 1837, l'abbé Raynaud, vicaire de Sainte-Marguerite depuis 1803: 

 

i L'abbé Raynand se trompe en faisant de Decouflet le compagnon de travail de Valentin. On verra plus tard que Dcconflet ne prit ancune part à l'inhumation, et qu'il n'en fut \..i- même témoin.

% La vcuve Decoullet nous a dit que, dans le but de retrouver plus facilement le errcueil, Valentin avait peut-être laissé quelque distance entre les bières qui précédaient et celles qui suivirent. (Ne serait-ce pas cette précantion qui anra fait croire à une fosse particulière?)

3 J'ai fait observer à la veuve Decouflet, qu'après l'antopsie la tète del'enfant avait été couverte de bandelettes qui descendaient .-ou- le menton, et qu'ainsi il n'avait point été possihle de voir que le crâne avait été ouvert. u Oh! monsieur, me répondit-elle, le lioge devait être taché; d'ailleurs, Valentin l'a peut-être soulevé. »

« Vous me faites l'honneur de me demander des renseignements sur l'inhumation de Louis XVII dans le cimetière Sainte-Marguerite.

 

Nommé en 1803 vicaire de cette paroisse, que je n'ai jamais quittée depuis, j'y ai connu dès lors Pierre Bétrancourt, dit Valentin, fossoyeur depuis vingt à trente ans, et le nommé Decouflet, qui a été longtemps bedeau aux Quinze-Vingts.

 

Les détails que je vous transmets m'ont été donnés par ces deux personnes, dont la probité et les sentiments religieux rendaient le témoignage digne de foi.

 

Ils m'ont déclaré tous les deux que le Dauphin avait été inhumé dans la fosse commune  que, pendant une ou deux nuits, le cimetière avait été gardé par la police et la force armée; mais que, la troisième nuit, débarrassés de leur surveillance, ils avaient recherché la bière et l'avaient reconnue facilement à une marque qu'ils avaient faite avec de la craie; mais que, pour s'en assurer davantage, ils avaient soulevé une des planches du cercueil mal cloué, et avaient vu la tête d'un enfant dont le crâne avait été ouvert ; qu'ils avaient creuse une autre fosse sous la porte du cimetière donnant dans la chapelle de Saint-Vincent de Paul, et y avaient enfoui la bière du jeune Prince, après avoir formé sur la planche supérieure de cette bière une croix de Malte avec des lattes.

 

« Je répète que j'ai beaucoup connu ces deux personnes, pendant bien des années, et que je n'ai jamais douté de l'entière vérité de leurs récits; ils me les faisaient d'ailleurs à une époque où ils ne pouvaient avoir aucun intérêt à le faire.

 

Decouflet bedeau des Quinze-Vingts, est mort le 4 octobre 1824.

 

Je me souviens que sept ou huit ans auparavant, lorsqu'il fut question de fouilles dans le cimetière, le bon curé des Quinze-Vingts, M. Quinet, mort il y a quelques années curé de Saint-Ambroise, fit appeler Decouflet, et lui dit d'un ton grave et solennel :  Ah çà, Decouflet, il ne s'agit pas de plaisanter; fais attention au témoignage que tu dois rendre, car on te jetterait dans un cul de basse-fosse, si tu ne disais pas la vérité.

 

Ou le voit, la vcuve Decoullet disait toujours peut-être; elle n'avait iieu su que par Decouflet, qiii n'avait rien appris que par Valentin.

'Le 4 juin 1809, a été présenté à l'église Sainte-Marguerite le corps de Pierre Bétrancourt, âgé de soixante-dcux ans, rue Saint-Bernard, u° 37.

Il y a vingt ans que je la dis, monsieur le curé, et les recherches que l'on va faire le prouveront

 

Quant à Valentin, il est mort avant la Restauration mais il était si persuadé qu'un temps viendrait où l'on rechercherait les restes de l'enfant royal, que quelques heures avant sa mort il disait à sa femme

 

Un jour on te fera du bien, et tu seras heureuse

 

Quand on aura retrouvé le Dauphin, on me récompensera en toi. 

 

 Voilà, Monsieur, les renseignements que j'ai recueillis à leur source

 

Je vous les transmets avec empressement, parce qu'ils vous intéressent

Mmais je vous les transmets aussi avecconfiance, parce qu'ils sont à mes yeux l'expression irréfragable de la vérité 

 

Quant à la mesure qui empêcha dans le temps les recherches ordonnées par Louis XVIII, le motif ne m'en est pas bien connu.

 

C'était, je crois, en mars ou avril 1816

 

M. Decazes, ministre de la police, avait chargé M. Angles, préfet de police, de faire faire une enquête pour découvrir les restes du jeune Roi.

 

Le jour avait été pris pour celte cérémonie, et indiqué à M. Dubois, curé de Sainte-Marguerite.

 

Nous étions tous à l'heure dite avec aubes, surplis, étole et la croix en tête, attendant le délégué du ministre de la police qui devait présider à cette enquête.

 

Il n'arriva point. Au bout de quelques heures d'attente, nous reçûmes une dépêche de M. Angles annonçant qu'il y avait lieu de différer cette opération.

 

Cet ordre nous chagrina.

 

Le pauvre Decouflet fut lui-même bien désappointé, car il avait touché au moment de voir ses assertions vérifiées et son zèle récompensé.

 

Il parait que quelques témoins de l'inhumation n'étaient pas bien d'accord sur la place où elle avait eu lieu, et ce n'est peut-être qu'à leurs contradictions qu'il faut imputer la décision qui annula les effets de l'ordonnance royale.

 

 

Mais personne ne pouvait être à cet égard mieux instruit que Valentin et Decouflet, qui n'avaient pas quitté les lieux, et leur témoignage aurait dû être écouté.

Raynaod , vicaire. 

 

Paris, 7 novembre 1837 

 

Antérieurement à l'ordonnance royale dont parle M. Raynaud, les deux chambres, sur la proposition de Chateaubriand, avaient, les 17 et 18 janvier 1816, inscrit dans une loi relative aux expiations du 21 janvier, un article ainsi conçu:

« sera également élevé un monument, au nom et aux frais de la Nation, à la mémoire de Louis XVII, de la reine MarieAntoinette et de Madame Elisabeth '

 

C'est en exécution de cette loi que le roi Louis XVIII ordonna, au mois de février 1816, que l'on rechercherait les dépouilles mortelles du roi son neveu. Peu de jours après, le ministre de la police générale écrivait à M. Anglès, préfet de police:

  Paris, le l"mars 1816. 

 

Monsieur Le Comte,

 

  Sa Majesté a déterminé, par son ordonnance du 14 février, l'emplacement que devra occuper le monument religieux qui doit être élevé à la mémoire de Louis XVII.

 

 

  En conséquence, deux ordonnances royales, datées des 19 janvier et 14 février 1816, prescrivirent l'achèvement de l'église de la Madeleine, au faubourg Saint-IIonoré, pour y placer les monuments expiatoires votés par les chambres.

 

Lemot, l'un de nos plus célèbres sculpteurs, fut chargé de l'exécution du mansolée de Louis XVII.

 

 

Le 8 juin suivant, anniversaire de la mort de ce Prince, Tiolier, graveur général des monnaies, présenta à Louis XVIII et à la famille royale deux médailles frappées à l'hôtel de Paris, et consacrées à la mémoire du royal enfant.

 

Au champ de chacuue d'elles est l'effigie du jeune Roi avec cette inscription : Luiiov. xvn. ti. c. Krasc. Et Sav. Rex.

 

Sur le revers de l'une est la date funèhre qui le fit orphelin et roi : XXI JASi'ARiI. Mdcclxxxxiii, accostée d'uue palme de martyr et d'un cyprès

 

Le revers de l'antre médaille représente un lis brisé par l'orage avec cette légende : Cecidit Ut n.os, et avec cet exergue : vin. n Mi Mdccxuv.

 

Quelques biographes ont fait mention d'une inscription composée par M. Belloc pour le mansolée de Louis XVII.

 

Donnons-lui ici la place qu'elle attend encore sur le monument qui n'a point été exécuté

 

l'eglise sainte-marguerite

Dans le 11e arrondissement de Paris se trouve l'église Sainte-Marguerite. Vu de l'extérieur, elle ne paie pas de mine.

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Pourtant, regardez bien cette modeste croix adossée au mur de l'église, il est fort possible qu'il s'agisse de la tombe du présumé Louis XVII mais le mystère plane toujours.

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pro 27/06/2017 10:00

Par ailleurs si vous regardez les noms du comité de sureté de l'époque , un d'entre eux sera nommé représentant royaliste quelques mois plus tard , un autre qui fut chargé du rapport des papiers trouvé chez Robespierre , un autre encore qui quittera brusquement le comité de sureté dès le 13 juin ...et j'en passe

pro 27/06/2017 09:56

il est assez curieux qu'à la fin de la minute d'inhumation on ne trouve pas une mention indiquant cinq mots rayés comme nuls et qu'il ne soit pas signalé que l'age de l'enfant a été rajouté sur la marge gauche ......

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