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12 Jul

13 juillet 1793: Assassinat de Marat

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #[1789-1793]

 

13 juillet 1793 : assassinat de Marat par Charlotte Corday - Paul Baudry

 

Assassinat de Marat

Médecin devenu député à la Convention nationale, Jean-Paul Marat s'était rendu populaire auprès des sans-culottes parisiens par ses diatribes assassines, publiées dans son journal « L'Ami du peuple »

http://www.athene.antenna.nl/AFBEELDINGEN/NR03-Parijs/Marat.jpg

Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont dit Charlotte Corday, qui fréquente les milieux Girondins de Caen, se rend à Paris et obtient une entrevue avec Marat.

Le Montagnard la reçoit dans son bain.

Pour la jeune femme, Marat est le principal responsable de l'élimination des Girondins et de l'instauration de « La terreur »  en France.

Elle le poignarde dans sa baignoire.  « L'Ami du peuple » expirera quelques heures plus tard.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/10/Charlotte_corday.jpg/200px-Charlotte_corday.jpg

Charlotte Corday fut maîtrisée par Simone Évrard, la maîtresse de Marat, et ses gens de maison. Protégée contre la foule, elle fut conduite non loin, à la prison de l’Abbaye où elle subit une fouille en règle. Outre quelques objets personnels on trouva sur elle une feuille de papier pliée en huit, dans laquelle elle expliquait les raisons de son geste.

Charlotte Corday sera condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire le 16 juillet, et exécutée le lendemain.

La girondine Marie Anne Charlotte Corday d'Armont, connue comme Charlotte Corday (n ée le 27 juillet 1768), débarrasse la France du montagnard Jean-Paul Marat, térroriste sanguinaire et instigateur, depuis les pages de "L'Ami du Peuple", des massacres de septembre 1792, entre d'autres crimes.

 

Herbert se déclare son successeur

 

Avec un incroyable aplomb, la descendante du grand Corneille saigne la "bête féroce" pour sauver la France.

13 juillet 1793. Charlotte Corday repeint la baignoire de Marat en rouge... sang

 

Le samedi 13 juillet 1793, vers 11 h 30, une jeune femme descend d'un fiacre devant le 30 de la rue des Cordeliers, à Paris.

Les cheveux châtain clair, les traits bien dessinés, la taille souple, elle pousse la porte d'un air décidé.

Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont, 24 ans, arrière-arrière-arrière-petite fille du tragédien Corneille, s'apprête à tuer la "bête féroce" qui martyrise le pays.

Il s'agit, bien sûr, de Jean-Paul Marat, 50 ans, médecin, physicien, rédacteur de L'Ami du peuple, et surtout député montagnard.

Charlotte monte au premier étage, frappe à la porte de sa future victime, et demande à la femme qui ouvre la porte de parler au citoyen Marat car elle a des choses fort intéressantes à lui apprendre.

Simone Évrard, la concubine du révolutionnaire, lui répond qu'il ne peut pas en être question car celui-ci est malade.

Charlotte insiste, Simone ne se laisse pas fléchir.

"Mais quand faudra-t-il revenir ?"

"Je ne peux vous assigner d'époque, ne sachant quand Marat sera rétabli."

La femme referme la porte.

L'Histoire attendra.

Charlotte peste, elle n'a pas fait tout ce chemin depuis Caen pour se faire claquer la porte au nez.

Pas question de renoncer, sinon le musée Grévin lui ferait un procès...

Néanmoins, elle retourne à l'hôtel de la Providence, où elle loge, réclame du papier, une plume et se met à rédiger une missive destinée à Marat : "Je viens de Caen.

Votre amour pour la patrie doit vous faire désirer de connaître les complots qu'on y médite.

J'attends votre réponse."

Tombera-t-il dans le piège ?

Elle fait porter son mot et attend.

Les heures tournent.

N'y tenant plus, elle décide d'y retourner au flanc.

C'est que la demoiselle n'est pas du genre à reculer après avoir pris une décision.

Une véritable petite Ségolène.

Vers 20 heures, elle frappe à nouveau à la porte de Marat.

Cette fois, c'est la concierge de la maison qui apparaît pour lui répéter que l'homme n'est pas visible.

Charlotte insiste, élève la voix.

Marat, assis dans sa fameuse baignoire sabot pour calmer ses irritations cutanées, ordonne qu'on laisse venir à lui cette emmerdeuse.

Son bon coeur le perdra...

Diablesse

Présente dans la pièce, Simone se retire, laissant Charlotte seule avec Marat.

Celle-ci s'assoit à la tête de la baignoire, derrière son occupant, de façon à ce qu'il ne puisse pas la voir.

Il s'enquiert :

"Que se passe-t-il à Caen ?"

Elle lui fournit une liste des députés réfugiés dans la ville.

"Ils ne tarderont pas à être guillotinés", répond-il.

C'est alors qu'elle se lève, sort de son sein un couteau acheté le matin même pour 40 sous au Palais-Royal, chez Badin.

Sans hésiter, elle le plonge sous la clavicule droite de Marat avec la maestria d'un tueur de cochon.

La lame traverse les poumons avant de sectionner le tronc des carotides. Le révolutionnaire s'exclame :

"À moi, ma chère amie, à moi !" avant d'expirer.

La guillotine n'aurait pas été plus efficace.

Le sang continue à jaillir de la blessure, arrosant l'eau de la baignoire et le sol. Attirés par le cri, la cuisinière et un domestique se précipitent sur Charlotte qui se débat comme une diablesse.

Simone découvre avec épouvante la baignoire : "Ah ! Mon Dieu, il est assassiné !"

Puis se précipite pour prêter main forte aux domestiques tentant de maîtriser la meurtrière.

Il faut dire que Charlotte se débat comme une furie, elle parvient même à leur échapper.

Elle est déjà dans l'antichambre quand le domestique lui assène un coup de chaise sur la tête.

La voilà groggy, mais elle se relève encore.

Alors fou de rage, l'homme l'attrape par les seins et lui file une véritable trempe. Calmée, la Charlotte.

"Quel tribunal me jugera ?"

Entendant le remue-ménage, les voisins envahissent l'appartement.

Un chirurgien-dentiste fait déposer le cadavre sur le lit, applique des compresses et laisse la place au chirurgien Pelletan, le même qui autopsiera deux ans plus tard Louis XVII (C'est arrivé le... 9 juin 1795), qui confirme le trépas.

Charlotte ne cherche plus à s'enfuir, on lui tient les poignets.

Elle baisse la tête, craint que la foule de plus en plus nombreuse dans l'appartement ne la piétine à mort.

Il y a du sang partout.

Les visages sont sombres, la peur et la colère s'y disputent.

Le commissaire du quartier arrive enfin, il fait passer la meurtrière dans le salon pour l'interroger.

Sans se faire prier, elle décline son identité.

"Qui vous a déterminée à commettre cet assassinat ?" aboie le commissaire. "

Ayant vu la guerre civile sur le point de s'allumer dans toute la France, et persuadée que Marat était le principal auteur de ce désastre, j'ai préféré faire le sacrifice de ma vie pour sauver mon pays." Quelques jours plus tard, elle précisera au Tribunal révolutionnaire avoir cru tuer non pas un homme, "mais une bête féroce qui dévorait tous les Français". En la fouillant, on trouve sur elle une lettre qu'elle avait pris la précaution de rédiger au cas où elle n'aurait pas pu voir sa victime ce soir-là. "Je vous ai écrit ce matin, Marat, avez-vous reçu ma lettre ? Je ne puis le croire, puisqu'on m'a refusé votre porte ; j'espère que demain vous m'accorderez une entrevue. Je vous le répète, j'arrive de Caen ; j'ai à vous révéler les secrets les plus importants pour le salut de la République. D'ailleurs, je suis persécutée pour la cause de la liberté ; je suis malheureuse, il suffit que je le sois pour avoir droit à votre protection." Elle porte également sur elle une feuille pliée en 8 où elle détaille ses motivations. "Français ! Vous connaissez vos ennemis, levez-vous ! Marchez ! que la Montagne anéantie ne laisse plus des frères, des amis ! J'ignore si le ciel nous réserve un gouvernement républicain, mais il ne peut nous donner un Montagnard pour maître que dans l'excès de ses vengeances [...] Ô France ! Ton repos dépend de l'exécution des lois ; je n'y porte pas atteinte en tuant Marat : condamné par l'univers, il est hors la loi. Quel tribunal me jugera ? Si je suis coupable, Alcide l'était donc lorsqu'il détruisait les monstres !"

Gifle

Vers minuit, Charlotte Corday est transférée en voiture à la prison de l'Abbaye. La populace massée sur le passage l'aurait déchiquetée si le commissaire ne l'avait pas fait reculer. Le lendemain, elle est transférée à la Conciergerie pour comparaître, deux jours plus tard, devant le Tribunal révolutionnaire. Comme on s'en doute, le procès est vite expédié. Le tribunal prend, cependant, le temps de lire le mot qu'elle a écrit à son père, dans sa cellule : "Pardonnez-moi, mon cher papa, d'avoir disposé de mon existence sans votre permission. J'ai vengé bien d'innocentes victimes, j'ai prévenu bien d'autres désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d'être délivré d'un tyran. Si j'ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, c'est que j'espérais garder l'incognito, mais j'en ai reconnu l'impossibilité. J'espère que vous ne serez point tourmenté. En tout cas, je crois que vous aurez des défenseurs à Caen. J'ai pris pour défenseur Gustave Doulcet : un tel attentat ne permet nulle défense, c'est pour la forme. Adieu, mon cher papa, je vous prie de m'oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle. J'embrasse ma soeur que j'aime de tout mon coeur, ainsi que tous mes parents. N'oubliez pas ce vers de Corneille : Le crime fait la honte, et non pas l'échafaud ! C'est demain à huit heures qu'on me juge. Ce 16 juillet."

Le 17 juillet 1793, Charlotte est guillotinée. Un aide du bourreau, charpentier de métier, fervent admirateur de Marat, empoigne brutalement la tête par les cheveux. La montrant à la foule, il la soufflète violemment. Certains prétendent que le visage de la pauvre fille en rougit. Reste qu'en assassinant l'homme au sabot, elle ne met pas fin à la Terreur comme elle le projetait. Au contraire, son meurtre sert de prétexte à l'extermination des Girondins et de tous les opposants. On a prétendu qu'elle n'était pas châtain, mais blonde. Elle le méritait certainement...

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