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16 Jan

16 janvier 1793: Louis XVI est condamné à mort par 361 voix, la majorité absolue

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #[1789-1793]

Le 16 janvier enfin, dernier vote, vote capital.

Paris, tous ces jours houleux, en est arrivé à la nervosité qui présage ses crises.

Les sections, en permanence, multiplient les motions incendiaires.

La Commune les soutient.

Elle a fait livrer à Santerre, par le ministre Pache enchanté d'obéir, cent trente-deux canons déposés à Saint-Denis.

Une panique passe sur la ville.

Les barrières s'encombrent de files de gens de toutes conditions qui fuient, emportant ce qu'ils peuvent de précieux.

Dans une lettre anxieuse Roland en avertit la Convention.

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Lepeletier de Saint-Fargeau - par David - B.N. Estampes

Dès sept heures du matin, quand l'aube point à peine, une grande foule assiège les abords de l'Assemblée.

On pourrait croire au début d'une nouvelle « journée»

Les meneurs des faubourgs sont venus, avec des ouvriers sans travail, des soldats permissionnaires, des fédérés, beaucoup de figures mauvaises qui ont déjà paru au 10 Août et en Septembre et aussi une infinité de curieux, espèce dont Paris, pour n'importe quel spectacle, abondera toujours.

Dans les rues, retentissent des cris de mort, des Ça ira que l'obscurité rend plus lugubres.

Les piques et les fusils brillent à la lueur mouvante des torches.

Aux portes de la Convention, des canonniers se tiennent près de leurs pièces, mèches allumées.

Les couloirs regorgent de sans-culottes armés : Maillard, Fournier l'Américain, Théroigne de Méricourt, Saint-Huruge sont là, entourés d'acolytes pour applaudir, à mesure qu'ils passent, les députés de la gauche, pour menacer, insulter les tièdes...

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Le député régicide 

gravure de l'époque, d'inspiration royaliste

Les tribunes, qui vont des bancs des représentants jusqu'au fond de la salle, sont emplies de femmes parées, amies ou maîtresses des Montagnards en vue, Philippe-Egalité, Lepeletier de Saint-Fargeau, Hérault de Séchelles, Anacharsis Clootz, tous riches et libertins.

Enguirlandées de rubans tricolores, elles babillent, rient, mangent des oranges ou des glaces, s'offrent des confiseries, des liqueurs, épanouies de se sentir vivre tandis que l'on va décider de la mort d'un homme qui fut un roi.

Au-dessus, dans les tribunes réservées au peuple, auditoire hétéroclite : tricoteuses, soldats, petits marchands, bourgeois à perruque

On y trouve aussi nombre d'étrangers.

Les spectateurs, débordant les huissiers, ont fini par forcer l'enceinte même

Certains se mêlent aux députés autour du bureau, devant la barre.

L'Assemblée n'est plus qu'une cohue.

La journée entière s'use en discussions oiseuses.

Le soir venant, les quinquets s'allument.

A la tribune, son gros torse sanglé dans un habit rouge, monte Danton.

Après avoir félicité ses amis de la Commune, il s'élève contre tant de retards :

- Je demande que la Convention prononce sur le sort de Louis sans désemparer.

La proposition de Danton est votée.

On va passer à l'appel nominal.

Mais un député breton, Lehardy, soulève la question de la majorité nécessaire.

Malgré l'opposition noble et courageuse de Lanjuinais, Danton fait décider que pour emporter la décision une seule voix suffira.

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Louis XVI - buste par Pajou - Musée Lambinet

Du mercredi 16 janvier 1793 à six heures du soir au jeudi 17 janvier à sept heures du soir, sans interruption, en commençant par le département de la Haute-Garonne, a lieu l'appel nominal sur la troisième question :

  • 3°« Quelle peine sera infligée à Louis ? »

C'est alors que Mailhe, le premier à s'exprimer, déclare :
« Par une conséquence naturelle de l'opinion que j'ai déjà émise sur la première question, je vote pour la mort de Louis. Je ferai une seule observation. Si la mort a la majorité, je pense qu'il serait digne de la Convention nationale d'examiner s'il ne serait pas politique et utile de presser ou de retarder le moment de l'exécution. Cette proposition est indépendante de mon vote. Je reviens à la première question et je vote pour la mort. »

 

 

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