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19 Jan

19-20 janvier : la mort sans sursis (rejet de la proposition Mailhe)

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

19-20 janvier:

la mort sans sursis (rejet de la proposition Mailhe)

 

Les séances des 19 et 20 janvier 1793, présidée par Vergniaud, durent près de seize heures.

Les Conventionnels se voient poser la question suivante : « y aura‑t‑il sursis à l’exécution du jugement jusqu’au 15 février prochain ? » pour satisfaire à la demande de Jean‑Baptiste Mailhe.

La solution du sursis est rejetée par 380 Conventionnels, contre 310 voix pour, selon Mavidal et Laurent.

Les Girondins sont là encore divisés : si Guadet et Bergoeing, représentants de la Gironde, votent oui, Vergniaud, Gensonné, Jay ou Ducos se prononcent contre le sursis, tandis que Grangeneuve s’abstient.

Partisans et opposants au sursis y voient chacun une mesure de sûreté générale en ces temps de guerre extérieure et de troubles intérieurs.

Accorder un délai serait une preuve de la faiblesse de la Convention et une entorse au Code pénal.

Il s’agit aussi de se prémunir contre le retour du tyran et d’abolir définitivement la royauté.

En revanche, refuser ce délai discréditerait la France et la Révolution aux yeux des puissances européennes, accélérant la logique guerrière.

Le refus du sursis peut être interprété comme un acte de vengeance, une mesure sanguinaire et inhumaine, aux yeux de Thomas Paine, citoyen britannique émigré aux Etats‑Unis et naturalisé français, ami des Girondins, qui défend l’abolition de la peine de mort.

Enfin, le sursis permettrait de contrer l’influence de Philippe Egalité, impatient, selon ses détracteurs, de monter sur le trône vacant.

Trois types de sursis peuvent finalement être distingués, tous rejetés par le Montagnard Barère.

Le sursis jusqu’à la ratification de la Constitution, qui ranimerait les « factions » internes et les complots.

Le sursis jusqu’à la fin de la fin de la guerre parce que, selon Barère, Louis Capet ne constitue en rien un otage politique utile à la nation.

Le sursis jusqu’à l’invasion du territoire, enfin, parce qu’il s’agit d’une mesure inhumaine consistant à faire dépendre la vie d’un homme de la conjoncture militaire.

 

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