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19 Feb

19 février 1791: Madame Victoire, dite Coche

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #[1789-1793], #Février, #1791

 

La petite histoire Passage délicat des tantes de Louis XVI


Madame Victoire, dite Coche

Une des tantes de Louis XVI

à passer par Chalon

 

Henri Huet

membre de la société d’histoire et d’archéologie de Chalon

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Parce qu’elles voulaient rejoindre l’Italie pour voir le pape, deux tantes de Louis XVI ont défrayé la chronique jusqu’à Chalon pendant leur périple.

Les deux tantes de Louis XVI, encore vivantes au début de la Révolution, Adélaïde, dite Loque, et Victoire, appelée Coche, quittèrent leur château de Bellon pour Rome le 19 février 1791, prétextant de vouloir faire leurs Pâques à Rome, fête qui se trouvait être cette année le 26 avril, et y voir le pape Pie VI.

Rien de n’opposait a priori à leur départ mais Paris s’alarma. Toute la presse pensa qu’elles emportaient des millions et même qu’elles enlevaient le dauphin. Ce ne fit que hâter leur départ : dans les calèches se trouvaient M. et Mme Narbonne, M. et Mme Chastelux, quatre femmes de chambre, deux écuyers, deux médecins et quatre valets de pieds.

Arrêtées à Moret, on vérifia leurs passeports. Les jugeant entachés d’irrégularités, on refusa d’abord de les laisser repartir. La Garde nationale cerna le convoi et il fallut toute l’ardeur d’un bataillon de chasseurs pour les dégager et forcer le passage pour leur permettre de poursuivre leur route.

Elles arrivèrent à Arnay-le-Duc le 21 février. On avait projeté de réparer la chaussée afin de rendre leur passage plus agréable. Ce ne fut pas de l’avis de la municipalité qui les retint dans leur ville dans l’attente d’un agrément par l’Assemblée nationale.

Louis XVI écrivit aux députés en leur spécifiant que ses tantes ne sauraient être privées de liberté car « il appartient à chacun d’aller ou il veut… bien qu’il ne voit qu’avec beaucoup de répugnance (sic) leur séparation d’avec lui. ».

Chalon eut vent de l’affaire le 26 et on se demanda quelles décisions allait-on devoir prendre en la matière. On discuta beaucoup et finalement on décida de faire réquisition au colonel de la Garde nationale et chef des armes, Antoine Chazault, en l’invitant à prendre toutes précautions qu’il trouvera convenable pour empêcher le départ des tantes du roi au cas où elles se présenteraient dans notre ville, mais en usant toutefois à leur égard du respect qui est dû à leur sexe et à leur qualité de tantes de sa Majesté.

Il fut en outre fait défense au maître de poste, le sieur Jean-Baptiste Baillet, établi le long de la route de Chalon a Lyon, de leur fournir des chevaux pour leur départ. (Aujourd’hui à l’emplacement de la Pharmacie au 4 rue Porte-de-Lyon).

On envoya un exemplaire de la présente délibération à Givry. Les tantes passèrent sans encombre notre ville. Elles restèrent en Italie tout le temps de la Révolution, mais durent fuir de nouveau lors de l’arrivée des troupes napoléoniennes. Elles s’établirent alors à Corfou, puis à Trieste où elles décédèrent en 1799 et 1800.

Qui sont les autres tantes ?

Pour la grande histoire, Louis XVI avait quatre autres tantes : Louise née en 1727, épouse à l’âge de 13 ans de Philippe de Bourbon-Parme. Elle mourut de la petite vérole en 1759.

Henriette dite le Feu : jumelle de la précédente et la plus jolie décéda célibataire en 1752 tout comme Sophie dite Graille, morte en 1782 à l’âge de 48 ans. Félicité mourut à l’abbaye de Fontevrault en 1744 alors qu’elle n’avait que 8 ans.

Enfin Louise entrée au Carmel de Saint-Denis surnommée Chiffe devint en religion sœur Thérèse de Saint-Augustin et y décéda en 1787 comme prieure.

Contact huet.henri@sfr.fr

 

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