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21 Jun

22 juin 1791: La Nuit à Varennes

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

La Nuit à Varennes  

minuit et demi - 22 juin 1791  

 Arrestation de la Famille royale à Varennes, après que le Roi a réfusé de nier sa vraie identité. Alea iacta est ! hélas !
 

Le juge Destez qui a vécu assez longtemps à Versailles, et que Jean-Baptiste Sauce est allé chercher, reconnaît formellement le roi.

Les hussards de Lauzun, cantonnés au Couvent des Cordeliers, n'ayant pas été rassemblés par leurs officiers (dont le lieutenant Bouillé, fils du marquis de Bouillé), pactisent avec la foule.

Le chirurgien Mangin monte à cheval pour porter la nouvelle à Paris.

Le détachement des hussards de Lauzun aux ordres du duc de Choiseul de retour de Pont-de-Somme-Vesle, rentre à Varennes et se place en garde devant la Maison Sauce : à la demande du duc de Choiseul, le sous-lieutenant Röhrig part pour Stenay, prévenir le marquis de Bouillé (le chevalier de Bouillé, incapable d'initiative était déjà parti rejoindre son père à Stenay)

Le tocsin sonne et de plus en plus de paysans et de gardes nationaux arrivent à Varennes.

5 heures 30 

Le chef d'escadron Deslon, responsable du poste de Dun-sur-Meuse, ayant vu passer le chevalier de Bouillé vers 3 heures du matin, puis le sous-lieutenant Röhrig, comprend ce qu'il se passe à Varennes, fait monter son escadron de hussards et arrive à Varennes vers 05 h 30, mais ne peut entrer dans le village mis en alerte avec sa troupe : il peut néanmoins rencontrer le roi et sa famille et propose une sortie en force sous la protection des hussards de Lauzun encore fidèles.

Le roi refuse et souhaite attendre l'arrivée des troupes du marquis de Bouillé.

7 heures 45 

Les patriotes de Varennes, avec les envoyés de l’Assemblée législative, Bayon et Romeuf, officiers de la Garde Nationale de Paris, arrivés vers 7 heures, décident de renvoyer la famille royale à Paris.

Alertée par le tocsin qui sonne partout une foule énorme vient border la route suivie par le cortège des "prisonniers", encadré par la Garde Nationale varennoise et les dragons ralliés aux patriotes : il est 8h, la berline royale reprend la route de Paris.

 

Le duc de Choiseul et le comte de Damas furent arrêtés par la foule.

Le chef d'escadron Deslon essaya en vain de combiner une opération de la dernière chance avec les hussards présents à Varenne et son détachement bloqué devant le village, mais sans carte, il ne trouva pas un gué pour passer la rivière l'Aire avec son escadron.

Le régiment Royal Allemand n'arriva à Varennes qu'à 9 heures.

Il ne restait plus que l'émigration pour les officiers compromis dans cette aventure.

Nuit du 21 au 22 juin 1791:
Les deux voitures de la famille royale sont immobilisées alors qu'elles devaient passer le Pont de l'Air sur alerte de Jean-Baptiste Drouet et Jean-Chrisosthome Guillaume arrivés de Saint-Ménehould.
C'est le commencement du Gethsemani de Louis XIV et des siens.
Photo : Nuit du 21 au 22 juin 1791: Les deux voitures de la famille royale sont immobilisées alors qu'elles devaient passer le Pont de l'Air sur alerte de Jean-Baptiste Drouet et Jean-Chrisosthome Guillaume arrivés de Saint-Ménehould. C'est le commencement du Gethsemani de Louis XIV et des siens.

Retour de la famille royale à Paris

22 juin 1791 - 22 heures 

À Paris, l’Assemblée constituante prévenue par Mangin de l’arrestation de la famille royale nomme trois commissaires, Antoine Barnave, Jérôme Pétion de Villeneuve et Charles César de Fay de La Tour-Maubourg, pour ramener la famille royale à Paris.

23 heures 

La famille arrive à Châlons-en-Champagne, par la porte Sainte Croix, qui avait été dédiée à la Dauphine lors de son arrivée en France le 11 mai 1770, où elle passe la nuit à l'Hôtel de l'Intendance.

23 juin 1791 - 12 heures 

Le cortège royal quitte Châlons-en-Champagne, après avoir reçu une délégation du directoire de la ville conduit par Louis Joseph Charlier à 10 heures et assisté à la messe qui sera interrompue.

16 heures 

Le cortège arrive à Epernay, où la famille royale dîne.

17 heures 30 

Plaque commémorative de la rencontre du 23 juin 1791 à Boursault

 

Les trois députés de l’Assemblée constituante, accompagnés du colonel Mathieu Dumas rejoignent la famille royale à Boursault, entre Épernay et Dormans.

Ils couchent à Dormans.

À Paris, le club des Cordeliers demande l’établissement de la République.

24 juin 1791 - 6 heures 

Le cortège part pour Paris et s’arrête pour la nuit à Meaux.

À Paris, une pétition, signée de 30 000 noms, réclame la République.

25 juin 1791 - 7 heures 

La famille royale quitte Meaux. À Paris, dès l’aube, une foule immense prend la direction de Meaux.

La ville est inondée de pamphlets violents, injurieux pour le Roi et la Reine.

14 heures 

Les premiers Parisiens rencontrent la famille à Villeparisis. L’Assemblée nationale décrète la suspension de Louis XVI.

18 heures 

Le cortège royal arrive sur les "nouveaux boulevards" (actuels boulevards de La Chapelle, Rochechouart, Clichy, etc.)

Pour éviter de trop violentes manifestations, la municipalité a décidé que les fugitifs feraient le tour de Paris et rentreraient aux Tuileries par les Champs-Élysées et la place de la Concorde.

La Garde nationale forme la haie, mais la crosse en l’air, comme pour un enterrement.

Le silence a été ordonné :

"Quiconque applaudira le roi sera bâtonné, quiconque l’insultera sera pendu"

 

Il est 22 heures.

19 heures 

Retour de Varennes. Arrivée de Louis XVI à Paris, le 25 juin 1791

(Duplessi-Bertaux d’après un dessin de J-L Prieur)

 

Au passage de la berline royale et de sa double haie de gardes nationaux précédés par La Fayette, on se montrait sur les sièges les trois gardes du corps (Malden, Moustier et Valory) qui arrivaient les mains liées derrière le dos. La foule était immense, mais silencieuse, ou presque : on entendait quelques cris de

"Vive Drouet ! Vive la Nation ! Vive la brave garde nationale !"

 

En effet, La Fayette avait interdit toute manifestation de soutien ou de haine.

22 heures 

Lorsque la voiture royale arriva aux Tuileries, la fureur de la foule éclata.

Il s’en fallut de peu que Marie-Antoinette ne fut écharpée.

Le duc d’Aiguillon et Louis-Marie de Noailles la sauvèrent de justesse.

Le retour aux Tuileries allait, dans les faits, sceller le destin tragique de la famille royale.

Le ralliement de Louis XVI à la Constitution, et son serment de fidélité le 14 septembre, auront peu de poids face à de supposées trahisons, dont la tentative de fuite constituait un symbole éclatant.

Conséquences

Au-delà même des erreurs d’organisation de cette équipée, l’arrestation du Roi marque véritablement un tournant dans la Révolution.

L'idée d'une république commence à faire son chemin[5]

Les partisans de l'abolition de la Monarchie vont utiliser cet évènement pour poser Louis XVI en ennemi de la Révolution.

Ce départ, pourtant justifié par Louis XVI (cf ci-dessous, le testament politique), est alors assimilé à une fuite.

Cette fuite constituera un des chefs d’accusation développés par la Convention en décembre 1792[6]

D'autre part, la fuite de Louis XVI fut dans tous les esprits lors des débats à l'Assemblée nationale, en 1792, sur le rétablissement des passeports et l'alourdissement des contrôles requis.

Le testament politique de Louis XVI 

Le matin du 21 juin 1791, le valet de chambre de Louis XVI découvre sur le lit, en lieu et place du corps du roi, un texte de 16 pages écrit de la main de Louis, intitulé "Déclaration à tous les Français", justifiant ce départ de Paris.

Traditionnellement appelé "le testament politique de Louis XVI", ce document a été redécouvert en mai 2009[7]

Il est au Musée des lettres et manuscrits à Paris.

 

Ce document historique majeur explique la volonté du Roi : une monarchie constitutionnelle avec un exécutif puissant et autonome vis-à-vis de l'Assemblée.

 

Par ailleurs, il commente son sentiment sur la révolution, en critique certaines conséquences sans pour autant rejeter les réformes importantes comme l'abolition des ordres et l'égalité civile.

 

Conclusion du manuscrit :

"Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d'une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n'aura-t-il pas d'oublier toutes ces injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu'une Constitution qu'il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l'état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu'enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables. A Paris, le 20 juin 1791, Louis."[8]

 

 

Sa rédaction a initialement été confiée au comte de Provence mais Louis XVI, trouvant les propos trop agressifs à l'égard de l'Assemblée, le réécrit dans sa quasi totalité, nous apprend "Les mémoires du comte de Provence"[9]

 

Le manuscrit préparatoire de huit pages du comte de Provence est également au Musée des lettres et manuscrits à Paris.

Les sources 

Plusieurs participants directs ou indirects ont écrit leurs mémoires.

On peut citer celles de François Claude de Bouillé, du marquis de Choiseul, qui aidèrent à la fuite et celles du Comte de Moustier, Valory ainsi que celle de la marquise de Tourzel qui participèrent à la fuite les premiers en tant que garde du corps et Mme de Tourzel en tant que baronne de Korff.

Plusieurs historiens, contemporains ou de peu, de l’évènement, ont également relaté ce dernier dont les plus connus restent Charles de Lacretelle et Jules Michelet.

Alexandre Dumas s’est intéressé à la fuite de Varennes lors de l’écriture de son roman La Comtesse de Charny.

Il s’est alors abondamment documenté sur le sujet et a refait lui-même le trajet, plus d’un demi-siècle plus tard, reconstituant les lieux, recherchant des témoins visuels et pointant ainsi les imprécisions des historiens.

Il relate sa quête dans La Route de Varenne, publié en 1860.

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