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24 Feb

24 février 1745: Bal masqué dans la Grande Galerie Le célèbre « Bal des Ifs »

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

Nuit du Jeudi 24 au vendredi 25 février 1745
Bal masqué dans la Grande Galerie
Le célèbre « Bal des Ifs »


Dans la soirée du jeudi 24 se déroula un « appartement » c’est-à-dire la réception offerte à la Cour dans les Grands appartements et la Grande galerie, brillamment illuminée.

En pareille cérémonie, le « jeu public » du roi se déroula exceptionnellement dans la Grande galerie, où l’on avait disposait , outre une grande quantité de table de jeux diverses et variées, une grande table rectangulaire destinée à la partie du lansquenet du roi dans le centre de la Galerie et une autre table, ronde plus petite, devant la porte du salon de la Paix, réservée au cavagnole de la reine

La vue de la galerie était féérique :
La foule de curieux – qui entrait très facilement - circulait de table en table .Des dames en grandes toilettes étaient assises sur des gradins placés dans les embrasures des fenêtres Le spectacle était magnifique, rehaussé par la richesse des habits, les bijoux fabuleux de la reine, des princesses et des dames de la Cour.
Un orchestre de musiciens, dirigé par le surintendant de la Musique du roi, Rebel , installé dans le salon de la Guerre

Le graveur Cochin nous a laissé le souvenir d'un jeu du roi tenu dans la Galerie dans une de ses estampes, mais il s'agit de celui du second mariagec en 1747



A neuf heure, ce fut en souper en Grand Couvert comme les autres jours

Puis chacun se retira chez soi afin de se préparer pour un bal masqué qui devait se dérouler toute la nuit Durant cet intermède, les services des menus plaisirs et du Garde meuble faisaient disparaitre les tables de jeux de la Galerie afin de la préparer pour un bal qui devait rester célèbre : le célébrissime Bal des Ifs une des grandes fêtes que connu Versailles

Pour ce bal, aucune invitation n’avait été lancée : « On y entre, nous dit Barbier, sans distinction, en habit de masque à la main "

Chacun pouvait se présenter déguisé et en tenue correcte. Une telle facilité d’accès nous interpelle, mais cela prouve que Versailles était autrefois ouvert à tous les sujets de Sa Majesté Néanmoins, il avait été prévu des filtrages aux deux entrées de ce bal, une à l’escalier de Marbre et l’autre à celui de l’escalier du salon d’Hercule . Des huissiers demandaient qu’une personne des groupes qui rentraient se démasqua, se nomma et nommait les autres personnes.

La foule devint telle et la bousculade si forte que les huissiers abandonnèrent et laissèrent tout le monde entrait ; il y avait aussi un grand concours de monde de Paris et de gens non connus.
L’aspect nocturne de la place d’armes était féérique avec sa double rangée de carrosses illuminés de torches et de lanternes et le château tout embrasé de lumières.

Le Duc de Luynes nous indique que la foule était si grande dans la Galerie qu’on y était porté, d’un bout à l’autre, sans mettre le pied à terre. On estima à 1500 masques le nombre de personnes stationnées dans le Grand appartement et que 600, autres , ne pouvant plus entrer dans la Galerie, avaient pris le parti de s’asseoir par terre dans l’œil de bœuf !Les lourds vantaux de glaces de l’œil de bœuf faillirent être renversés et arrachés tant la pression humaine fut importante.

Les pics assiettes existaient déjà , car il y avait quatre grands buffets garnis , pendant toute la nuit, non seulement des rafraichissements de toutes sortes de vins, mais du saumon frais, des pâtés de truites, des poissons au bleu, des filets de sole et tout ce que l’on pouvait souhaiter la nuit d’un vendredi maigre… Les quantités furent si abondantes qu’on prétend que certains masques, sans vergogne, en fourrèrent plein leurs poches pour les revendre le lendemain au marché !




Peu avant minuit, la reine apparut, sans masque revêtue d’une robe constellée de bouquets de perles avec sur sa tête, le Sancy et le Régent, les deux plus beaux diamants de la Couronne. Elle accompagnait le couple de mariés, le dauphin costumé en jardinier et la Dauphine en marchande de fleurs.

 

Un quadrille débuta le bal avec le Dauphin, non masqué menant la dauphine, le duc et la duchesse de Chartres, Mme d’Andlau et M de Ségur, tous costumés en bergers et bergères, en robes à paniers enguirlandées de fleurs , une corbeille fleurie à la main., puis on alla s’asseoir sur une estrade préparée à leur intention afin de s’amuser à regarder les masques. Cependant , la fête reprit son animation mais Louis XV n’avait pas encore paru et plusieurs incidents se produisirent qui firent la joie des chroniqueurs du temps

 

La Dauphine , surprise par la liberté et l’aisance des manières de la Cour, accepta de danser avec un bel inconnu masqué, qui se déclara espagnol , visiblement avait l’allure d’un Grand d’Espagne et était au fait de tous les secrets de la cour. Intriguée, elle voulut savoir qui était le personnage, mais son danseur ne laissa rien paraitre et disparut brusquement. On apprit le lendemain qu’il s’agissait que du simple cuisinier espagnol de M de Tessé ! Tout Versailles fit les gorges chaudes et la dauphine, qui ne sut pas tenir sa langue, fut assez mortifiée !
Un autre incident, intervient au souper quand la princesse de Conti, fatiguée d’être restée debout, voulue s’asseoir sans trouver de sièges libres ! Discrètement, elle se démasqua persuadée, quant dévoilant son identité, elle trouverait aussitôt un siège mais personne ne se leva, feignant de ne pas reconnaitre une princesse du sang. Furieuse elle quitta le salon en déclarant haut et fort que de « sa vie qui était longue, elle n’avait vu des gens si malhonnêtes, il faut qu’on soit ici de bien mauvaise compagnie

C’est au moment où la princesse quitta l’œil de bœuf , que l’on put assister à un surprenant spectacle : 7 ifs exactement identiques, taillés en topiaires comme ceux du parc, s’avançaient à la queue leu leu, tandis que la foule s’écartait pour les laisser passer. On avait immédiatement deviner que le roi se trouvait parmi ces ifs !


C’est Louis XV, qui semble t il, avait eut cette idée originale de déguisement, persuadé que personne ne pouvait le reconnaitre.
Le succès fut total, chaque if , ayant promis de ne pas se démasquer


Beaucoup d’indiscrétions avaient couru sur les liaisons du roi avec une mystérieuse inconnue et l’on savait que « le mouchoir » allait être jeté ce soir là. Beaucoup de dames mouraient d’envie d’étre la maitresse du roi et ce bal était une chance inespérée pour toutes les prétendantes à la succession de la duchesse de Chateauroux !


Une histoire courue le lendemain, sur la Présidente Portail qui se crue la « nommée » pensant flirter avec le roi, se laissant conter fleurettes dans un des cabinets discrets mais quel fut son dépit quand elle découvrit l’erreur sur la personne.

Mme d’Etiole, déguisée en Diane chasseresse, parla à un if : le règne de Mme de Pompadour allait débuter … Cochin nous a gravé la conversation animée entre eux sur sa célèbre gravure


Ce fameux bal ne devait s’achever le lendemain que vers les 8 h du matin

Il n'y eut point de feu d'artifice à ce mariage, mais les nouvelles technologies nous le permettent pour clôturer les festivités du mariage du Dauphin, en nous servant de celui , tiré à Versailles, le 1 juillet 2011, aux fêtes vénitiennes

 

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