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27 May

28 mai 1738: Joseph Ignace Guillotin

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier


Joseph Ignace Guillotin

 

médecin qui préconisa en 1789 un moyen de mise à mort mécanique, auquel on a donné plus tard le nom de guillotine, à son corps défendant († 1814)

 

né le 28 mai 1738 à Saintes

 

mort le 26 mars 1814 à Paris

 

médecin et homme politique français.

 

Il est connu pour avoir fait adopter, à la Révolution française, la guillotine comme mode unique d’exécution capitale.

 

L'homme politique 

Bien avant la Révolution française, Guillotin est célèbre pour avoir publié plusieurs ouvrages politiques et avoir proposé un certain nombre de réformes. Dans son livre Pétition des six corps, il demande que le nombre des députés du tiers état soit au moins égal à celui des députés des deux autres ordres. Si au départ cette proposition lui vaut de passer en jugement (il est acquitté), elle est acceptée en 1788 par le Conseil du roi.

Médecin et professeur d'anatomie à la Faculté de Paris, élu député du Tiers-État de la ville et des faubourgs de Paris aux États-Généraux de 1789. C'est lui qui propose la réunion dans la salle du Jeu de paume, lorsque les députés trouvèrent leur salle fermée le 19 juin.

Guillotin et la guillotine

Avec l'appui de Mirabeau, député et secrétaire de l’Assemblée nationale constituante, Guillotin propose le 9 octobre 1789 un projet de réforme du droit pénal dont le 1er article dispose que « les délits de même genre seront punis par les mêmes genres de peines, quels que soient le rang et l'état du coupable. » Il demanda dans la séance du 1er décembre 1789 que « la décapitation fût le seul supplice adopté et qu'on cherchât une machine qui pût être substituée à la main du bourreau. » L’utilisation d’un appareil mécanique pour l’exécution de la peine capitale lui paraît une garantie d’égalité, qui devait selon lui ouvrir la porte à un futur où la peine capitale serait finalement abolie. En effet, jusqu’alors, l'exécution de la peine capitale différait selon le forfait et le rang social du condamné : les nobles étaient décapités à l’épée, les roturiers à la hache, les régicides écartelés, les hérétiques brûlés, les voleurs roués ou pendus. La proposition de Guillotin vise également à supprimer les souffrances inutiles. En effet, les pauvres ne pouvant se payer une exécution de qualité, étaient décapités à l'aide d'une arme émoussée, ce qui entraînait une exécution longue et douloureuse. Son idée est adoptée en 1791 par la loi du 6 octobre et, malgré ses protestations, on attribue son nom à cette machine, qui existait pourtant depuis le XVIe siècle. Après plusieurs essais sur des cadavres à l'Hospice de Bicêtre, la première personne guillotinée en France fut un voleur, du nom de Nicolas Pelletier, le 25 avril 1792.

L’appareil est mis au point en 1792 par son confrère Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie (d’où son premier nom de Louison), et se voit rapidement affublé du nom de guillotine, contre la volonté du docteur Guillotin qui en manifesta le regret jusqu'à sa mort en 1814.

Guillotin espérait instaurer une exécution plus humaine et moins douloureuse. Mais, pendant la Terreur, celle qui est désormais affublée de nombreux noms (comme le rasoir national, le moulin à silence, la veuve, puis la cravate à Capet après son emploi sur Louis XVI) a largement contribué à multiplier les exécutions capitales.

Un médecin jusqu'à la fin de ses jours

Emprisonné durant la Terreur, Guillotin est remis en liberté après la mort de Robespierre. Il passa le restant de ses jours loin de la vie politique et ne se consacra plus qu'à la médecine, s’activant à propager la pratique de la vaccination contre la variole et, sous le Consulat, il est chargé d’installer le premier programme cohérent de santé publique en France à l’échelle de la nation. Il est nommé médecin chef de l'hôpital Saint-Vaast d'Arras. Guillotin est également le fondateur de la Société des premiers médecins de Paris, ancêtre de l'actuelle Académie de médecine.

La croyance que Guillotin soit mort lui-même guillotiné n'a pas de fondement historique. Pourtant, il s'agit d'une idée assez répandue, probablement basée sur l'ironie du sort que cela eût été si l'initiateur de l'utilisation de cette machine eût lui-même été emporté dans la masse innombrable de victimes dont l'engin a facilité l'exécution durant la Terreur.

 

Bibliographie 

  • Henri Pigaillem, le Docteur Guillotin, bienfaiteur de l'humanité, Pygmalion, 2004, 247 p.
  • Le docteur Joseph-Ignace Guillotin, par Edmond-Jean Guérin, dans le Bulletin de la Société des Archives Historiques de Saintonge et d'Aunis, tome XXVIII année 1908. Cet ouvrage est accessible en ligne sur le site de la BNF
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