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16 Feb

Loménie de Brienne

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

Etienne Charles de Loménie de Brienne

Loménie de Brienne, pastel Ecole Française du XVIII°s

Loménie de Brienne

Cardinal 

Homme politique 

Philosophe


premier ministre de Louis XVI


Membre de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres (membre honoraire, 1787)

Membre de l'Académie royale des Sciences (membre honoraire, 31 août 1787) Membre de l'Académie française (n° 239, 25 juin 1770)

Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux

 

 

 

Parents


Iconographie: photo du tableau de Débat-Ponsan salle des Illustres au capitole Toulouse, Jean-Pierre de Palmas été 2007
Issu de la famille de Loménie, originaire de Flavignac en Limousin, et dont on peut remonter la lignée jusqu’au XVe siècle, il fait des études brillantes et entre dans les ordres.

En 1751, en dépit d'une thèse peu orthodoxe à son goût, il obtient le titre de docteur en théologie et, l'année suivante il est nommé grand vicaire de l'archevêque de Rouen.
Évêque de Condom en 1760, archevêque de Toulouse en 1763, Loménie de Brienne se révèle bon administrateur, s'occupe de travaux publics, d'industrie, de commerce, d'instruction publique, fait creuser le canal entre la Garonne et le canal du Midi.

Membre des assemblées du clergé, de la commission des Réguliers pour amorcer la réforme des ordres religieux, il y exerce une influence prépondérante; il ouvre un synode diocésain pour examiner les questions d' actualité (portion congrue, secours aux vieux prêtres)

Il publie un rituel et il est reçu à l'Académie française en 1770.


Après l'échec de Calonne devant les notables, dont il porte une part de responsabilité, il devient chef du conseil royal des Finances sur la recommandation de la reine, puis principal ministre en 1787.1
Intrigant, il a troqué l' archevêché de Toulouse contre celui de Sens, plus lucratif ; souple et lucide, il présente aux notables un programme analogue à celui de son prédécesseur, mais l' assemblée refuse la subvention territoriale, et le marquis de La Fayette réclame la convocation des états généraux. Énergique, Loménie de Brienne renvoie les notables et se tourne vers le parlement, qui enregistre les édits sur le libre commerce des grains, l'abolition de la corvée, les assemblées municipales et provinciales, mais repousse des édits fiscaux sur le timbre et la subvention territoriale. Le roi impose au parlement un lit de justice et l'exile à Troyes. Brienne négocie son retour à condition d' obtenir l'impôt des deux dixièmes ; la réunion des états généraux est envisagée pour 1792. Loménie de Brienne fait accorder aux protestants le droit commun et le droit d'état civil ; mais, l'agitation se poursuivant au parlement, il fait arrêter deux meneurs en 1788. Il reprend les projets de Maupeou et fait imposer, par un lit de justice, une réforme judiciaire et politique, essai de despotisme éclairé qui soulève la rébellion nobiliaire à Paris, à Dijon, à Toulouse, en Béarn, en Dauphiné et en Bretagne. L'assemblée du clergé refuse à Loménie de Brienne tout « don gratuit » et réclame les états généraux. Le ministre doit capituler et démissionne en 1788. Il reçoit à ce moment le chapeau de cardinal.
Après un voyage en Italie, il prête serment à la Constitution civile du clergé en 1791 et devient évêque constitutionnel de l'Yonne. Ce prélat athée, à tout le moins déiste, adresse une lettre de démission du cardinalat à Pie VI, qui le déclare déchu de sa dignité et suspens, à cause de la part qu'il avait prise au schisme. Sa conduite ne le sauve pas. Arrêté à Sens en 1793, libéré, arrêté de nouveau, il meurt dans des circonstances mal connues.

Prélat philosophe, ami de Turgot, Morellet, d'Alembert, il fréquenta les salons de Mme du Deffand et de Mlle Lespinasse ; il fut membre de l'Académie des Sciences et de l'Académie des Inscriptions ; il prononça l'oraison funèbre du Dauphin.
Nommé à l'Académie française en remplacement du duc de Villars le 25 juin 1770, il fut reçu le 6 septembre suivant. C'est à sa réception qu’Antoine Thomas prononça le discours qui causa son différend avec Séguier.
Arrêté au mois de novembre 1793, il fut relâché peu de temps après ; arrêté de nouveau le 18 février 1794, il mourut d'apoplexie le lendemain, le 19 février 1794.

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=239


Liens externes


Bibliographie


  • Le cardinal de Loménie de Brienne, archevêque de Sens" par Joseph Perrin ,Sens, Impr. de P. Duchemin, 1896

D'après le SUDOC, le livre sus mentionné, est consultable dans les bibliothèques universitaires suivantes :

  • CLERMONT FD-BCIU-Patrimoine
  • NANCY2-BU Lettres
  • STRASBOURG-B.N.U.S.
  • TOULOUSE1-BU Arsenal
  • D'après le Catalogue collectif de France (CCFr), il est également disponible à la BM d'Auxerre (cote SY 920).

Francis de Stordeur forum du 25iv2009

Analyse de l'ouvrage

Parmi tous les charlatans que l'ambition, la vanité, la cupidité même poussent à se produire au chevet de l'ancien régime expirant, l'un des plus extraordinaires fut, à coup sûr, cet Etienne-Charles de Loménie de Brienne, dont M. Joseph PERRIN vient de nous retracer l'histoire1. Né en 1727, il était le rejeton d'une famille fort appauvrie et redevenue obscure, après avoir été longtemps puissante, depuis le moment où Henri IV avait fait en 1606 d'Antoine de Loménie l'un de ses secrétaires d'État2. Arrière-petit-fils de ce comte Henri-Louis de Brienne, disgracié par Louis XIV en 1663, devenu religieux, puis fou et qui passa près de vingt années de sa vie enfermé à Saint-Lazare, il était entré dans la carrière ecclésiastique par nécessité, il l'avait continuée par calcul ambitieux, après la mort de son aîné, pensant arriver plus vite de la sorte aux hautes destinées qu'il rêvait déjà alors qu'en Sorbonne « il étudiait la théologie comme un Hibernois pour être évêque et les Mémoires du cardinal de Retz pour être homme d'État. » C'était alors un petit abbé bien pauvre, « n'ayant autre chose au soleil qu'un bien maigre bénéfice en Languedoc, un prieuré qui lui rapportait bon an mal an quinze cents livres et quelques barils de cuisses d'oie, redevance ironique à l'adolescent qui se sentait pousser des plumes d'aigle. » Consacré prêtre en 1752, bientôt vicaire général de l'archevêque de Rouen, il sut se mettre au mieux avec toutes les influences si contradictoires qui dominaient la société d'alors; intelligent, habile, galant, sans scrupules, il cultive également M. de Jarente, l'évêque d'Orléans, qui tient la feuille des bénéfices, et d'Alembert, qui le fera entrera l'Academie française-, il défend des thèses favorables aux Jésuites et sait gagner les bonnes grâces de Choiseul, « poussant sa barque en bordées prudentes parmi les faveurs de tous. »

Aussi le voyons-nous évéque de Condom en 1760, archevêque de Toulouse en 1763, possesseur en outre d'une demi-douzaine de grasses abbayes, l'un des Quarante en 1770. ll sait se faire recommander à la cour par l'intermédiaire de l'abbé de Vermond, son ami, le lecteur de la reine, qui attire sur lui les rayons de l'astre de Versailles, les regards « charmants, trop confiants, mais toujours aimables de Marie-Antoinette. »

ll se fait valoir d'autre part aux yeux des novateurs par une série de mesures économiques utiles, exécutées en Languedoc et qui lui font une réputation bien usurpée d'homme d'État. La reine voulait le faire parvenir à l'archevêché de Paris, mais Louis XVI repoussa, comme on sait, cette candidature par les mots : « Encore faut-il que l'archevêque de Paris croie en Dieu. » Peut-être eut-il mieux fait encore eu repoussant les mêmes sollicitations quand, après la chute de Calonne, on lui prôna Loménie de Brienne comme le seul sauveur possible de l'État. Il avait été l'un des plus violents ennemis du présomptueux contrôleur des finances à l'assemblée des notables ; pas plus que lui, le premier ministre du 30 avril 1787, acclamé par une cour en désarroi, par une opinion publique affolée, ne sut rétablir l'ordre dans les finances et arrêter ainsi la chute de la monarchie.
Brienne, dit M. Perrin, arrivait trop tard; il était alors « vieilli, usé, menacé de phtisie, rongé de dartres, presque lépreux, crachant le sang; » arrivé enfin au poste glorieux occupé jadis par les Richelieu, les Mazarin, « il s'y affaissa plutôt qu'il ne s'en empara. »

Mais, il est fort douteux que, plus jeune et moins usé, il eût mieux su faire face aux nécessités inexorables d'une situation aussi critique. En tout cas, il n'y réussit pas; seize mois suffirent pour percer à jour ce simulacre trompeur d'homme d'État, et, le 2 septembre 1788, il quittait le pouvoir, tombant sous les sarcasmes de ses anciens admirateurs, initiateur malgré lui du mouvement révolutionnaire, puisqu'il avait promis les états généraux pour se maintenir un instant de plus au pouvoir. Un des actes les plus importants de son ministère avait été de se faire transférer du siège archiépiscopal de Toulouse à celui dc Sens, qui représentait à ce moment 678,000 livres de rente. C'est peut-être ce qui le perdit. Il était parti pour l'Italie en 1788, pour recevoir de la main du pape la pourpre cardinalice ; il aurait pu rester à Rome comme tant d'autres de ses confrères de France, mais il ne voulut ou ne sut pas abandonner ses richesses ; peut-être même rêvait-il de recommencer sa carrière politique. Il rentra donc dans son diocèse, prêta en avril 1790 le serment civique, en janvier 1791 celui de fidélité à la constitution du clergé, accepta la modeste situation d'évêque constitutionnel de l'Yonne, celle, plus modeste encore, de notable de la commune de Sens; on le voit présider les séances de la société populaire, le bonnet rouge sur la tête, remplaçant le chapeau rouge qu'il a renvoyé au saint-père; mais tout cela n'empêche pas les dénonciations de se produire et. de produire leur effet accoutumé. « La Convention n'avait qu'un oeil à la frontière, l'autre était à l'échafaud, » Arrêté une première fois en août 1793 dans son ancienne prévôté de Saint-Pierre-le-Vif, où il s'était comme terre, Loménie de Brienne est relâché d'abord ; incarcéré une seconde fois en novembre, il renonce à ses fonctions ecclésiastiques et obtient d'être gardé à vue dans son propre domicile ; c'est là qu'on arrête ses proches, son frère, ses neveux, sa nièce; pendant qu'on les entraîne, les gardes forcent le vieillard, valétudinaire depuis longtemps, à s'asseoir avec eux à un banquet de réjouissance; le lendemain matin, on le trouvait mourant dans son lit (19 février 1794) ; la peur ou l'indigestion avaient-elles amené une apoplexie, la terreur de l'échafaud lui avait-elle mis le poison à la main ? Longtemps cette dernière version, sans cesse enrichie de nouveaux détails, a prédominé. M. Perrin ne veut pas prononcer un « arrêt définitif. » Mais il réclame pour « la vieille métropole le droit de rayer le mot flétrissant de suicide au bas de cette longue liste de ses pasteurs. » La famille s'est naturellement prononcée dans le même sens ; mais, en somme, pour la critique, le doute reste permis.

L'ouvrage de M. Perrin est intéressant, encore qu'il soit volontairement incomplet, puisque toute l'histoire de Loménie de Brienne antérieure à 1789 est résumée en une trentaine de pages. C'est au fond une histoire de la Révolution à Sens, de 1789 à 1794, et particulièrement du schisme ecclésiastique qui s'y produisit comme partout, fondée sur des papiers de famille, des documents tirés des archives de l'Yonne et des traditions locales. C'est un spectacle curieux de voir la population de Sens, libéraux et Jacobins compris, lutter tout d'abord pour son archevêque, attester son patriotisme, s'intéresser au maintien de ces revenus, qui déversent sur la localité tant de milliers de livres ; c'est peu à peu seulement que la pression terroriste du dehors crée les haines et les appétits devant lesquels l'ancien premier ministre succombe en 1794 ; rien ne montre mieux la différence de température, si je puis m'exprimer ainsi, entre la Révolution à Paris et la Révolution en province. Malheureusement l'auteur, on a dû s'en apercevoir à nos quelques citations, écrit dans un style souvent bizarre; une calotte rouge, retrouvée parmi les effets de Loménie lors des perquisitions de 1794, devient pour lui « la tache de sang que le drame de Macbeth peint ineffaçablement aux mains criminelles; » dans une lettre un peu déclamatoire, il perçoit « la dissonance satanique par où se trahit l'âme même de la Révolution; » au moment où l'ex-cardinal va mourir dans l'abbaye où il vit retiré, « le spectre de la mort, à la tête de son hideux cortège, mène à l'entour sa danse macabre, » etc. M. Perrin peut être assuré qu'une pareille façon d'écrire nuit à la cause même qui lui est chère ct qu'il désire glorifier. Nous n'avons certes aucune envie de réhabiliter Brienne, également indigne d'éloges comme politique ou comme homme d'Église. Mais nous devons pourtant protester contre la façon dont l'auteur parle de son « apostasie, tout en se gardant d'une adhésion formelle au culte de la Raison. » L'ancien archevêque dépose purement eL simplement ses fonctions ecclésiastiques, dans la pièce citée par M. Perrin lui-même. Il n'y a pas trace d'adhésion quelconque à Lout autre culte, il n'y a pas trace d'apostasie, au sens propre de ce mot. Il y a déjà suffisamment de griefs légitimes à faire valoir contre Brienne pour qu'on n'en énumère pas encore d'imaginaires.
in Revue historique - 1896

Références


Le ministre
En 1787, il est nommé président de l'Assemblée des notables, et c’est en cette qualité qu’il attaque la politique fiscale de Calonne, auquel il succède comme contrôleur général des finances, le 1er mai 1787, avec l'appui de la reine Marie-Antoinette. Une fois au pouvoir, il réussit à faire enregistrer par le parlement de Paris des décrets établissant le libre-échange à l’intérieur du pays et prévoyant l'instauration d'assemblées provinciales ainsi que le rachat des corvées. Lorsque les parlementaires refusent d'enregistrer les décrets qu’il propose d'appliquer au droit de timbre et au nouvel impôt foncier général, il persuade Louis XVI de tenir un lit de justice pour les y contraindre. Le 18 août 1787, les parlementaires sont exilés à Troyes et ne sont rappelés à Paris qu'après avoir consenti à étendre l'impôt direct à toutes les formes de revenus. Une nouvelle tentative visant à contraindre le parlement à enregistrer un décret autorisant un emprunt de 120 millions de livres rencontre une opposition déterminée. La lutte du parlement contre la politique de Brienne prend fin le 8 mai : il accepte sa propre dissolution, mais à condition que soient convoqués des États Généraux pour porter remède aux désordres de l'État.

 

 

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