07 janvier 1793: Séance
Allemagne
Détails sur les préparatifs de guerre de l'Autriche et de la Prusse
Pays-Bas
Instruction sur les élections de la Belgique
FRANCE
Paris
Formation d'un club d'Anglais et d'Irlandais, sous le nom d'Amis des droits de l'homme
Séance du 07 janvier 1793
« Un membre donne lecture de la correspondance. Quelques lettres des sociétés qui fraternisent avec les Jacobins leur adressent les reproches les plus vifs et les plus amers; toutes s'écrient d'une même voix : Chassez de votre sein les Marat, les Robespierre, et tous les factieux qui leur ressemblent. Nous voulons que le règne de la loi succède à l'affreuse anarchie. »
Cette lecture est interrompue par de fréquents murmures; mais l'indignation est à son comble lorsqu'on en vient à une lettre de la société de Blois. Elle demande positivement que Roland, Brissot, Louvet, et tous les ennemis des anarchistes, soient réintégrés dans le club, et que les Marat et les Robespierre en soient chassés.
« Observateurs fidèles et impartiaux des Jacobins, dit la feuille que nous analysons, nous dirons que la lecture de cette lettre a été interrompue par des huées fréquentes, des murmures violents : Voilà l'ouvrage de Roland! s'écrie un membre. Cet ouvrage, dit un antre, sort du boudoir de Pénélope Roland, ce sont les buzotins, les brissotins, et les buzotistes qui ont écrit cette lettre sous la dictée de madame Roland. Oui, oui, rien n'est plus vrai! s'écrient les citoyennes des tribunes, voilà l'ouvrage de la femme Roland, voilà à quoi il emploie les fonds de la liste civile. >
Moenne propose d'envoyer à la société de Blois les ouvrages de Robespierre, et de les accompagner de quelques numéros choisis
du journal d'Hébert. — C pense qu'il est inutile de faire ces
envois à une société surtout qui, étant dominée par Grégoire, ne reviendra pas de ses coupables erreurs. »
Lafaye lit un projet d'adresse aux sociétés des départements. Elle est arrêtée en ces termes:
« Citoyens, le 10 août, cette journée mémorable, fut le triomphe du peuple : depuis long-temps nous la préparions. Les fédérés arrivèrent à Paris, et de concert avec eux nous renversâmes le despotisme. Tous les ennemis de la liberté ne périrent pas dans cette journée. Un grand nombre a survécu à la chute de la tyrannie, et s'est caché sous différents voiles.
» Vous nous appelez des désorganisateurs. Oui, nous le sommes , et notre devoir sera toujours de désorganiser la tyrannie. Le buste de Brutus ayant un poignard sur son sein nous indique assez nos obligations; on n'est pas fait pour être libre quand on n'a pas d'opinion à soi. Vous semblez puiser la vôtre dans les pamphlets de Brissot, de Roland, etc. Vous nous faites un reproche de les avoir chassés de notre sein, et vous nous invitez à les rappeler. Nous en sommes bien éloignés, et dans peu nous en exclurons encore quelques autres membres qui Suivent cette faction. Robespierre restera avec nous, parce qu'il a toujours été le défenseur des principes, l'ami du peuple et de l'humanité. Nous n'exclurons pas Marat, quoiqu'il soit exalté dans son journal. Nous n'approuvons pas tout ce qu'il dit; mais on ne détruit pas les aristocrates avec des phrases académiques. Le but le plus important des sociétés populaires est la surveillance des ministres et de leurs agents. Vous correspondez avec Roland: continuez, et vous aurez bien mérité des ennemis de la patrie. Prosternez-vous aux pieds de ce tartufe, qui, au lieu d'employer les trente-six millions à vous donner du pain, les emploie à vous distribuer du poison. Nous voyons la guerre civile s'acheminer à grands pas. Nous vous prévenons des maux qui nous menacent. Si vous croyez arriver à la liberté par la route que vous suivez, c'est une grande erreur : ce sont de nouveaux fers que vous vous préparez.
» Voici notre profession de foi:
» Nous voulons despotiquement une Constitution populaire; nous voulons l'unité et l'indivisibilité de la République, la liberté et l'égalité; nous voulons la mort de Louis Capet, et celle de tous les tyrans, quelle que soit leur dénomination. »
Robespierre jeune annonce que tous les efforts de Roland pour corrompre l'esprit public dans le département du Pas-de-Calais ont été vains. En réponse à de nombreux écrits que ce ministre envoyait au conseil-général d'Arras, il lui a été répondu une lettre finissant par ces mots: « Nous ne voulons pas votre estime, nous serions honteux de l'obtenir. »
Thuriot rend un compte semblable du département de la Moselle: « La vérité commence à y luire ; il a envoyé une adresse à la Convention, pour la prier de prononcer définitivement et sans appel la peine de mort contre le tyran. > (Applaudi.)
« Chabot annonce, et la société apprend avec plaisir que dans les départements méridionaux la sans-culotterie triomphe des Brissotins, et que cette idole sera bientôt foulée aux pieds. »
[Journal des Débats, n. CCCLXXXV.)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Fran%C3%A7ois_Dumouriez
Le général Dumouriez écrit à la Convention Nationale de Paris, où il est par congé, que l'armée manque de tout par la désorganisation des bureaux du ministre de la guerre: il se plaint de la défiance qu'on lui témoigne et offre sa démission si on ne lui accorde une entière confiance
Renvoi au Comité Militaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Villette
Charles Villette se plaint d'une citation à la police municipale, faite en vertu de deux arrêtés de sections de Paris, relativement à un article inséré par lui dans un journal; il demande le décret d'accusation contre le procureur de la commune, Chaumette, qui a violé en sa personne la représentation nationale, en négligeant les formalités requises à l'égard des députés

https://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_de_Kersaint
Kersaint appuie cette demande.
Marat regarde les arrêtés de sections comme une tactique employée par le parti de Roland; il désigne Chaumette comme un intrigant, et demande qu'il soit traduit à la barre
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Denis_Lanjuinais
Sur la proposition de Lanjuinais, l'acte de citation est cassé, et le procureur de la commune est mandé à la barre, séance tenante
On demande la clôture de la discussion sur le procès de Louis XVI
Elle est fermée, et l'on ordonne l'impression des discours qui n'ont pas été lus: la délibération est ajournée au 14