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04 Oct

05 octobre 1789: Premiers désordres dans la capitale

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Journal de Marie-Thésèse

 

Ce fut un lundi 05 octobre 1789 qu'éclatèrent dans la capitale les premiers désordres qui par la suite bouleversèrent toute la France

 

Le matin de cette trop mémorable journée, tout le monde était encore tranquille à Versailles

 

Mon père, le Roi Louis XVI avait été à la chasse à Meudon, château royal à mi-chemin de Paris

 

Ma mère, la Reine était allée seule à son jardin de Trianon

 

Mon oncle Monsieur et Madame étaient restés à Versailles

 

Ma tante Elisabeth avait été promener à cheval et de là dîner à son jardin, sur le chemin de Paris

 

Mon frère et moi, nous étions aussi sortis le matin et rentrés, vers les 13H 30, pour dîner avec ma mère

 

A peine ma tante Elisabeth était-elle arrivée à Montreuil et commençait-elle à dîner, qu'on vint lui annoncer, que toutes les femmes et tous les brigands de Paris arrivaient armés à Versailles

 

Quelques instants après, cette nouvelle lui fut encore de nouveau confirmée; même qu'ils étaient déjà près de Versailles, où mon père n'était pas encore revenu

 

Ma tante retourna aussitôt à VErsailles, accompagnée de ses deux dames de compagnie

 

Arrivée chez mon oncle, elle lui demanda s'il était informé de ce qui se passait; il dit avoir entendu parler que tout Paris arrivait armé, mais qu'il n'en croyait rien; ma tante l'assura que la chose était très certaine, et ils vinrent ensemble chez ma mère

 

Nous venions de finir le dîner, quand on vint annoncer que Monseiur et Mme Elisabeth étaient là et demandaient à parler à la Reine; ma mère fut  surprise, parce que ce n'était pas l'heure habituelle de les voir

 

Elle passa dans une autre chambre pour leur parler et revint presque aussitôt, très agitée de ce qu'elle venait d'apprendre et plus inquiète encore du sort de mon père; elle ignorait que dès que le bruit de cette insurection de Paris s'était répandu à Versailles, deux gentilshommes nommés Puy-Montbrun et La Devèze, avaient couru à cheval en avertir mon père

 

Il revint vers les 17 heures et à 18 toute la troupe de brigands était déjà à Versailles

 

Les grilles du château étaient fermées et défendues par les gardes du corps

 

M. de La Fayette se trouvait à la tête de cette armée parisienne

 

Elle était portée à la salle de l'Assemblée, où l'on déclama beaucoup contre le Roi et le gouvernement

 

M. Mounier, président, vint à plusieurs reprises au ch^âteau parler à mon père; mais il n'en put rien obtenir qui l'ait satisfait

 

Le duc d'Orléans était là avec La Fayette; on prétendait qu'il s'agissait de le faire roi

 

Quoi qu'il en soit, le but de la venue de ces brigands à VErsailles ne leur était pas bien connu à eux-mêmes, il n'y avait que les chefs qui étaient instruits du véritable

 

Le projet était d'assassiner ma mère, dont le duc d'Orléans voulait se venger à cause des offenses qu'il prétendait avoir reçues d'elle, et de massacrer les gardes du coprs, les seuls restés fidèles à leur Roi

 

Dans la soirée, on fut extrêmement acharné contre ces derniers; on essaya plusieurs fois de forcer les grilles du château, mais inutilement

 

il y eut plusieurs coups de fusil de tirés, dont entre autres un officier des gardes du corps eut le bras cassé et mourut peu après

 

Vers les  20 à 21 heures, les brigands se retirèrent, paraissant vouloir aller se reposer; une grande partie des femmes couchèrent sur les bancs de l'Assemblée Nationale

 

M. de La Fayette lui-même se mit au lit, disant que pour cette nuit on pouvait être tranquille, de sorte que mon père et ma mère, voyant qu'effectivement tout était calme, se retirèrent chez eux, ainsi que toute la famille

 

Cependant ma mère savait que le projet était de l'assassiner; malgré cela elle n'en témoigna rien et rentra chez elle, avec tout le courage et le sang-froid possible

 

Elle se coucha en prescrivant à Mme de Tourzel que si elle entendait du bruit pendant la nuit, elle conduisit tout de suite son fils chez le Roi; elle ordonna même à tous ses gens de se coucher

 

Le reste de la nuit fut tranquille jusque vers 5 heures du matin

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