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09 Dec

09 décembre 1793: Yolande Martine Gabrielle de Polastron

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Calendrier

Gouvernante des Enfants Royaux de 1782 à 1789

Fichier:Gabrielle de Polastron.jpg

Yolande Martine Gabrielle de Polastron

Duchesse de Polignac

Yolande Martine Gabrielle de Polastron

comtesse puis duchesse de Polignac

marquise de Mancini

née le 8 septembre 1749 

morte le 9 décembre 1793 à Vienne

Amie et confidente de la reine Marie-Antoinette elle fut l'une des étoiles et l'un des personnages les plus emblématiques de la cour du château de Versailles autour de la famille royale de France des Bourbons sous le règne de Louis XVI

Biographie

Elle est la fille de Jean François Gabriel, comte de Polastron († 1794), seigneur de Noueilles, Venerque et Grépiac, et de Jeanne Charlotte Hérault (1726-1756)

Elle épouse en 1767, à 18 ans, le comte Jules de Polignac (1746 - 1817), marquis de Mancini, capitaine du Régiment de Royal-Dragons, fils d'Héracle-Louis, Vicomte de Polignac (1717 - 1802), et de Diane de Mazarin (1690 - 1755)

En 1775, elle rencontre à Versailles la reine Marie-Antoinette qui conçoit pour elle une vive amitié.

Elle supplante bientôt la princesse de Lamballe, comme meilleure amie et confidente de la jeune reine, charmée par son naturel enjoué et son esprit. Devenue la favorite de la reine, cette dernière lui rend souvent visite à Claye, donnant au couple des pensions et traitements considérables1 qui leur permettait de mener un grand train de vie.

En 1779, Louis XVI dote sa fille, Aglaé, à hauteur de 800 000 livres, somme colossale équivalente à 6,4 millions d'euros 2006

Le Trésor royal éponge également les dettes du couple Polignac (400 000 livres soit 3,2 millions d'euros 2006), tandis que le reste de la famille et les proches profitent aussi de la manne, comme Diane de Polignac, ou Vaudreuil.

Madame de Polignac sera élevée au rang de duchesse et, en 1782, elle obtient la charge de gouvernante des enfants royaux.

S'il faut en croire Mme de Mackau, elle ne remplit cette tâche qu'au strict minimum, avec beaucoup d'agrément et peu d'assujettissement2.

D'autres observateurs signalent qu'au contraire, elle se donne entièrement à sa charge, oubliant sa paresse et son indolence naturelle3

Mmes de Guéménée, de Brionne, de Marsan, d'Oberkirch attestent que Marie-Antoinette n'aurait pu faire choix plus satisfaisant pour assumer cette responsabilité4

Un bémoldans ce concert de louanges : Mme de Polignac exempte les Enfants de France d'assister quotidiennement à la messe5

Il arrivera aussi que Mme de Polignac fasse venir un médecin auprès du dauphin, à l'insu de sa mère pour lui épargner de l'inquiétude.

Injustement traitée en cette occasion par la reine6, elle veut remettre au roi sa démission à laquelle Marie-Antoinette la supplie à genoux de renoncer7

Ce n'est pas tout, le beau-fils est gratifié d'un brevet de capitaine et un an plus tard d'une propriété qui rapporte 70 000 ducats de rentes.

On accorde une pension au père et le mari obtient le titre de duc ainsi que le privilège des postes, très lucratif pour l'époque.

Sa sœur Diane devient dame d'honneur à la cour.

Enfin, le père, en plus de sa pension, est nommé ambassadeur.

Le total coûte pour l'État un demi million de livres par an.

Des rumeurs et des libelles courent au sujet de la nature de ses relations avec la reine8.

Surtout, les Polignac, ainsi que les autres favoris, comme le baron de Besenval, se mêlent de politique.

On les appelle « le parti de la reine », ce qui nuit encore à la réputation de cette dernière.

Quand la Révolution française éclate, Mme de Polignac, est accusée d'avoir dilapidé des fonds publics et d'avoir conseillé à la reine les machinations qu'on lui reproche.

Sur demande des souverains, elle et son mari, Jules de Polignac, qui avait été fait duc hériditaire, quittent alors Claye1, le 16 juillet 1789, après la prise de la Bastille, dans un désordre indescriptible, avec une bourse de 500  louis, donnée par la Reine.

Comme il n'y avait que peu de place dans la berline, on n'emmena pas de bagages et chaque voyageur n'avait que quelques chemises et mouchoirs.

Elle partira donc avec les siens, rongée de chagrin. « Adieu la plus tendre des amies ; le mot est affreux, mais il le faut ; je n'ai que la force de vous embrasser. » écrit Marie Antoinette à Mme de Polignac.

La famille de Polignac commença une vie errante, allant de pays en pays, en Suisse, en Italie, à Turin, à Rome et, à chaque fois, Mme de Polignac écrivait à la Reine et recevait des missives de la Reine ou du Roi montrant leur attachement.

En mars 1790, la famille partit pour Venise, et Yolande maria son fils Armand.

En juillet 1791, ils se réfugièrent à Vienne.

Mme de Polignac était tellement éprouvée qu'elle n'avait le goût à rien et ne cessait de pleurer.

Elle dépérissait.

Le dernier coup lui fut porté lorsqu'elle apprit en 1793, que la Reine était morte le 16 octobre.

Alors commença l'agonie de la duchesse.

Dévorée de douleur et de chagrin, rongée par le cancer, elle décèdera dans la nuit du 4 au 5 décembre 17939

On l'enterra à Vienne, et on grava sur la pierre tombale son nom suivi de la mention « Morte de douleur »

Elle n'avait que 44 ans.

Son père sera guillotiné en juin 1794.

Elle est la mère de Jules de Polignac, le ministre de Charles X

Elle est aussi l’ancêtre de l'actuel prince de Monaco, Albert II10

Dans la littérature

Fichier:Pamphlet - Adieux de Madame la Duchesse de Polignac - 1789 - Cover.jpgLibelle contre la duchesse de Polignac, imprimé en 1789

Yolande de Polastron, sous le nom de Gabrielle de Polignac, est l'une des protagoniste du roman Les Adieux à la reine de Chantal Thomas publié 2002.

  1. a et b Monographie communales de Claye-Souilly aux archives départementales de Seine et Marne
  2. Journal de Bombelles
  3. Mémoires de Diane de Polignac
  4. Mémoires de Mmes de Créquy et d'Oberkirch
  5. Journal de Jacob Nicolas Moreau
  6. Mémoires de Saint-Priest
  7. Mémoires de Mme Vigée Le Brun
  8. Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, par Mme Campan, lectrice de Mesdames et première femme de chambre de la Reine
  9. Correspondance des comtes de Vaudreuil et d'Artois
  10. Yolande de Polastron (1749-1793), duchesse de Polignac, quadrisaïeule de Pierre de Polignac (1894-1964), le grand-père paternel du prince Albert
  • Diane de Polignac, Journal d'Italie et de Suisse, Paris, L'Amateur d'Autographes, 1899 (consultable sur Gallica)
  • Campan, (Henriette Genet), "Mémoires de madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette", Mercure de France, 1999 (consultable sur Gallica - "Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, reine de France et de Navarre", Baudouin Frères, 1823)
  • Marie-Antoinette (STefan Zweig) 1938 Ed Grasset.

Bibliographie

Filmographie

  À Vienne, décès de Yolande Martine Gabrielle de Polastron, comtesse puis duchesse de Polignac, rongée par le cancer et dévorée par la douleur et le chagrin après avoir apprit l’exécution de la reine Marie-Antoinette, dont elle avait été la meilleure amie et confidente depuis 1775, ayant supplanté bientôt la princesse de Lamballe dans cette qualité. Elle se valut de son ascendante sur la reine pour enrichir les siens. De pair avec le baron de Besenval, la comtesse de Polignac se mêla de politique et fut à la tête de ce qu’on appela « le parti de la reine », ce qui nuisit à la réputation de Marie-Antoinette, qu’on accusa de comploter avec celle qui était censée être son amant tribade. Le 16 juillet 1789, deux jours après la prise de la Bastille, les Polignac, haïs et menacés, quittèrent Versailles et commencèrent un long pèlerinage qui les conduisit de pays en pays jusqu’arriver en Autriche. Ils s’installèrent à Vienne en juillet 1791. Là Yolande de Polignac, éprouvée par l’exil, dépérit et tomba irrémédiablement malade. Elle se laissa mourir à 44 ans. Sa dépouille fut enterrée à Vienne. Les actuels princes monégasques descendent d’elle à travers leur père, le prince souverain Rainier III, qui était un Polignac.

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