15 octobre 1761: Réception de l'abbé comte de Misnie
Réception de l'abbé comte de Misnie
(Le prince Clément-Wenceslas de Saxe )

Le prince Clément-Wenceslas de Saxe (1739- I8I2)
Maurice Quentin de la Tour
Musée Antoine Lecuyer, Saint-Quentin, France
(C) RMN-Grand Palais / Gérard Blot
Le prince Clément-Wenceslas de Saxe (1739- 1812) est le plus jeune des fils d'Auguste III et de Marie-Josèphe d'Autriche (de cette union naquirent 15 enfants).
Lorsqu'il arriva à Versailles, le 15 octobre 1761, pour revoir sa sœur la Dauphine Marie-Josèphe, il avait déjà reçu les ordres mineurs, mais n'avait pas encore trouvé d'évêché.
Il fut admis sous le nom d'abbé comte de Misnie, comme son frère Xavier l'avait été sous le nom de comte de Lusace (en septembre 1758 et 1759, en octobre 1760 et en avril 1761).
(L'Etiquette s'opposait à ce qu'ils fussent traités comme Altesses Royales, le trône de leur père étant électif.)
A Xavier de Saxe, la dauphine écrivit : "M. l'abbé comte de Misnie est arrivé aujourd'hui à 1 h. 1/2. J'ai été dans une surprise que je ne puis vous dire de retrouver en lui votre portrait au naturel."
Elle commanda aussitôt son portrait à Maurice Quentin de la Tour. Exposé au Salon de 1763, elle le légua à son frère Xavier en 1767.
Devenu évêque de Freysingen et de Ratisbonne le 11 janvier 1768, Clément-Wenceslas de Saxe renonça à ces sièges lors de son avènement à l'archevêché de Trèves en avril ; mais il accepta, l'année suivante , le siège d'Augsbourg, et le cumula avec celui de Trêves ; il fut nommé aussi, en 1784, prévôt et prince d'Elwangen. Il conclut, le 28 avril 1784, avec la partie catholique de la ville d'Augsbourg, un arrangement pour faire cesser les différents au sujet des limites de la juridiction civile et ecclésiastique. Par esprit de tolérance, il abolit, à Augsbourg, les sermons de controverse qui renfermaient quelquefois des injures contre les protestants;
Coblence étant depuis le siècle précédent, le lieu de résidence des souverains Trèvirois, il y fit bâtir un nouveau château sur le Rhin (1786).
Au commencement de la révolution française, il donna asile aux princes français qui avaient quitté leur patrie. Les premiers armements des émigrés se firent dans ses états. L'empereur, sur les plaintes de la France, engagea l'électeur à les faire cesser; mais, lorsqu'ensuite l'empereur lui-même entra en campagne, Coblence continua d'être le séjour des principaux émigrés. Le 9 août 1794 les troupe» françaises occupèrent Trêves; l'électeur fut obligé de s'enfuir en Allemagne.
Tout l'archevêché fut ensuite incorporé à la France. Son ancien souverain ecclésiastique obtint de la France une pension, et résida à Augsbourg jusqu'à l'époque de sa mort, en 1812. Il fut le dernier des princes-électeurs de Trêves.
Sources :
Manuel Chronologique Et Généalogique Des Dynasties Souveraines De L'Europe
La domination française en Allemagne: Les Français sur le Rhin (1792-1804)
Maurice-Quentin de La Tour: prince des pastellistes