17 octobre 1788: Jean-Baptiste-Barthélémy de Lesseps
Jean-Baptiste-Barthélémy de Lesseps
présente au Roi
les dépêches et les journaux de La Pérouse
M. de Lesseps, qui avait jusqu'alors fait partie de l'expédition, fut, en qualité d'interprète russe, chargé d'apporter en France toutes les notes et tous les plans de la campagne. Il accepta, non sans éprouver des regrets, la mission de confiance qui lui était donnée; il traversa par terre le nord de l'Asie, les déserts du Kamtshatka et de la Sibérie, depuis Pétropavlowsk, sur une étendue de 4000 lieues, et l'Europe, sans rien perdre du dépôt précieux qu'il portait, et arriva à Versailles le 17 octobre 1788, ayant eu beaucoup à souffrir pendant une route aussi longue, à travers les régions austères du Nord.
(Voyage de M. de Lesseps du Kamtschatka en France, Paris, Maurice Dreyfous.)
Né à Sète le 27 janvier 1766 et mort à Lisbonne le 26 avril 1834.
Fils de martin de Lesseps (1730-1807), consul de France, et d'Anne Caysergues.
Il parlait couramment à l'âge de douze ans le russe, l'allemand, l'espagnol et le français. Il fit ses études au collège de Versailles de 1778 à 1782, puis fut chargé du consulat de Kronstadt en 1783.
Il se retrouva à Versailles en 1784, lors de l'organisation de l'expédition La Pérouse et demanda à servir sous les ordres du navigateur: il fut embarqué à titre d'interprète de langue russe le 1er août 1785.
Au bout de 26 mois de navigation, il fut chargé de porter en France les dépêches, journaux, cartes et dessins qui furent, de fait, les "seuls fruits sauvés de l'expédition".
Le roi, satisfait de ses services, lui accorda le brevet de consul à Cronstadt. Nommé à la fin de 1792 consul général en Russie, il suivit son beau-père à Constantinople où il fut promu secrétaire en 1798 tout en conservant son titre de consul à Saint-Pétersbourg. L’expédition d’Egypte et la rupture des relations diplomatiques avec la Sublime Porte lui valurent ainsi qu’à sa famille trois ans d’internement aux Sept-Tours.
La paix lui permit de revenir en France et, en 1802, il put enfin gagner Saint-Pétersbourg. Il y fut chargé des relations commerciales et plus particulièrement de l’approvisionnement de la marine. Expulsé en 1806, il retourna à Saint-Pétersbourg l’année suivante et y resta jusqu’en 1812. En septembre de cette année, Napoléon le nomma intendant de la ville et de la province de Moscou qu’il quitta en octobre. Il eut pour collègue Stendhal, nommé intendant de Vitebsk et de Mohilev. Comme lui, il participa à la retraite de Russie.
A la chute de l’Empire, dès que « l’heureuse restauration de 1814 rendit à la France le bonheur avec son roi légitime », il offrit ses services à Louis XVIII. Le tsar Alexandre, qui ne pouvait pardonner l’intendance moscovite, le refusa comme ambassadeur. En 1815, il fut nommé consul général à Lisbonne où il obtint dix ans plus tard une place d’attaché pour son neveu Ferdinand.
Celui-ci, devenu illustre, rappella bien plus tard que c’est avec son oncle qu’il fit ses premiers pas dans la diplomatie.
En 1880, alors qu’il était au faîte des honneurs, Ferdinand de Lesseps fit rééditer le récit que son oncle Jean-Baptiste avait fait paraître juste avant la Révolution et dont il avait remis un exemplaire à Louis XVI aux Tuileries.
Seul survivant de l’expédition de La Pérouse, Jean-Baptiste de Lesseps identifia peu de temps avant sa mort en 1834 certains des objets rapportés des îles Vanikoro par Dumont-d’Urville, qui furent exposés au musée de la Marine.
Sources : Ministère des Affaires étrangères; Journal historique du voyage de M. de Lesseps; Les consuls de France de 1715 à 1792.
