21 mars 1761: Louis de Bourbon
Frère ainé du futur Louis XVI

Le prince , représenté malade, exécuté d’après nature, par Jean Martial Fredou (1760) (sur son lit de malade)
Le Duc de Bourgogne, petit fils de Louis XV, fils ainé du dauphin louis Ferdinand et de la dauphine Marie Josèphe de Saxe décède le matin du 22 mars, à 2 heures et demie, à l'age de 10 ans, des suites d'une coxalgie tuberculeuse après une année de souffrance et de calvaire qui l'avait rendu infirme, dans la chambre de son apaprtement u premier étage de l'aile des Princes.
Fils préféré de ses parents, prince brillant, enfant précoce, adulé par les siens, il promettait de faire un grand roi : sa perte fut immense et ses parents - prévenus le lendemain matin par Louis XV , furent effondrés.
Il faudra revenir sur l’origine de la maladie qui l’avait emporté
Les médecins et chirurgiens parlèrent d’un traumatisme osseux, de type « tuberculose torpide et scorbutique » et d’amputer la jambe.
L’opération eut lieu le 9 avril 1760, et malgré un léger mieux, son état physique empira du fait des suites de l'opération chirurgicale
Le duc de Berry, âgé alors de seulement 6 ans, avait été donné comme compagnon par ses parents au petit prince mourant.
Au bout de plusieurs mois d’excès de souffrances endurés, épuisé, amaigri, son état s’aggrava de jours en jours.
A la veille de sa mort il reçut le saint viatique et l’extrême onction. Pour ces sacrements et les messes dites dans la chambre, on utilisera une chapelle de vermeil commandée exprés.
Son corps fut transporté le soir même au palais des Tuileries, autopsié puis exposé comme il était d’usage pour les cérémonies de la bénédiction à l’eau bénite par la Cour, avant d ‘être enseveli à la nécropole de St Denis
Le décès de son frère aîné, constamment donné en exemple, va éprouver le futur Louis XVI qui donnera à son fils aîné le même prénom de Louis-Joseph-Xavier et promis lui aussi également à une vie très brêve
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- Louis de Bourbon, dauphin de France 1729-1765
- Maria Josepha von Sachsen, princesse de Pologne 1731-1767
Parrain et marraine
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- Louis XV le Bien-Aimé de Bourbon, roi de France 1710-1774
- Marie Leszczyńska, reine de France 1703-1768
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Louis Joseph Xavier de Bourbon, duc de Bourgogne, dit " Bourgogne " (en attente de son baptême), né le 13 septembre 1751, suivit son frère Berry qui suite à une santé fragile, peu après son sevrage avait été envoyé à Meudon en bordure de la forêt, sur les conseils du célèbre hygiéniste suisse, Tronchin, propagandiste de l'inoculation, de passage à la Cour.
Accompagnés de Madame de Marsan , gouvernante des Enfants de France, secondée par Madame Thierry, première femme de chambre, et Madame Bazire, femme de chambre ordinaire.

portraits par Jean Marc Nattier en 1754, et par Jean Martial Fredou en 1760
Héritier du trône le duc de Bourgogne, était plus petit de taille que son cadet Berry, mais il avait de beaux cheveux de jais et des yeux vifs, le portrait de son père.
Tout le monde s'extasiait de ses bons mots, de ses saillies, et le Mercure de France ne tarissait pas déloges à son endroit.
Peu avant ses sept ans, le 1er mai 1758, Bourgogne, après avoir été examiné de pied en cap par ces messieurs de la Faculté, quitta les jupes de Mme de Marsan et "passa aux hommes"Cela signifiait qu'il allait non seulement entreprendre une éducation sérieuse, apprendre les obligations protocolaires, les compliments, les révérences, sous la férule de son gouverneur, Monsieur de La Vauguyon , mais avoir ses gentilhommes, ses écuyers, ses pages, son aumônier et son chapelain, et surtout paraître aux cérémonies de la Cour.
Le petit homme n'en était pas peu fier !
Intelligent, l'esprit délié, il n'en avait pas moins de graves défauts.
Sa nature paresseuse le portait à se dérober aux études.
La plupart des matières le rebutaient, particulièrement le latin. Altier, imbu de son rang, conscient de ce qu'il représentait, on le voyait souvent arrogant, railleur, admonestant tout le monde, insolent jusqu'à la violence.
Un jour, par la faute, semble-t-il d'un des gentilhommes de la Manche, le marquis de la Haye, il tomba d'un cheval de carton et fit une mauvaise chute.Cachant la cause de son mal, comme il l'avait honnêtement promis au coupable terrorisé, il se mit à boiter.
Une tumeur se forma, dont on finit par s'inquiéter.
En avril 1760, les chirurgiens décidèrent de débrider la plaie en pratiquant une sévère incision de la cuisse.
Le bistouri pénétra dans les chairs jusqu'à " quatre bons pouces de France " (trois doigts de profondeur), et l'on gratta l'os.
Par un prodigieux effort de volonté, digne de Louis XIV lors de son opération de la fistule, l'enfant royal supporta cette torture presque sans aucun cri.
Malheureusement, au lieu de guérir, l'opération, faite avec des instruments non stérilisés, aggrava son mal.
La plaie prit une couleur brunâtre, et la tuberculose s'y logea.
Après un moment de rémission, en juillet, Bourgogne, dut vivre assis dans un fauteil roulant.
Pour atténuer sa solitude et alléger ses souffrances, on décida de lui donner un jouet, une sorte de poupée vivante : Berry, plus jeune de trois ans, son compagnon de jeux qu'il avait toujours aimé tyranniser !
A l'automne 1760, la tuberculose osseuse se doubla d'une tuberculose pulmonaire.Comme le petit prince n'avait été ondoyé à sa naissance, on décida de lui donner au plus vite les sacrements.
Le samedi 29 novembre, il fut tenu sur les fonts baptismaux par ses parrain et marraine, Louis XV et Marie Leszcynska, recevant les prénoms de Louis Joseph Xavier.
Il fut confirmé, à la chapelle, par Monseigneur de Coëtlosquet , son précepteur, et le lendemain 30, premier dimanche de l'Avent, fit sa première communion dans sa chambre.
Au début de mars 1761, on lui administra l'extrême-onction.
Il décéda le 21 mars 1761, à 2 heures du matin, nuit de Pâques.
(Extraits de " Louis XVI ", par Jean-Christian Petitfils)