22 janvier 1793
L'après-dîner, ma mère demanda à voir Cléry qui avait été avec mon père dans ses derniers moments et qui l'avait peut-être chargé de commissions pour ma mère, ce qui était vrai car mon père avait recommandé à Cléry de rendre à ma mère son anneau de mariiage, disant qu'il ne s'en séparait qu'avec la vie
Il lui avait aussi remis pour ma mère un paquet de ses cheveux, disant qu'il lui avaient été toujours chers
Les municipaux dirent que Cléry était dans un état affreux et ne pouvait pas venir
Ma mère chargea de sa demande pour le Conseil général les commissaires, ainsi que demander de porter le deuil
Cléry fut refusé, ma mère ne put le voir
on lui permit de porter le deuil
Nous eûmes un peu plus de liberté les gardes croyant qu'on allait nous renvoyer
Nous pûmes voir les personnes qui nous apportèrent des habits de deuil; mais en présence des municipaux
Le chagrin que j'eus augmenta mon mal de pied, on fit venir mon médecin Brunier, et le chirurgien Lacaze
ils me guérirent en un mois
Ma mère ne voulut pas descendre dans le jardin pour prendre l'air parce qu'il fallait passer devant la porte de mon père, et que cela lui faisait trop de peine; mais craignant que le manque d'air ne fît du mal à mon frère, elle demanda de monter sur la tour, à la fin février, ce qui lui fut accordé
On s'aperçut dans la chambre des municipaux que le paquet scellé où étaient le cachet de mon père, son anneau, et plusieurs autres choses, avait été ouvert
Le scellé était cassé et le cachet emporté
Les municipaux s'en inquiétèrent; mais ils crurent à la fin que c'était un voleur qui avait pris ce cachet, où il y avait de l'or
La personne qui l'avait pris était bien intentionnée
Ce n'est point un voleur
L'homme qui l'a ôté l'a fait pour le bien, mais il est mort
Dumouriez étant passé dehors de France, on nous resserra plus
On construisit ce mur qui sépare le jardin, on mit des jalousies en haut, et on boucha tous les trous avec soin; mais il n'eut rien de nouveau
Cléry passa encore un mois au Temple, ensuite il eut sa liberté