25 juin 1789
Le 25 juin viennent se joindre à l’Assemblée pour lui exprimer l’approbation, la confiance des villes ou des communautés rurales.
A Paris, des pétitions circulent, noires aussitôt de signatures.
On parle en divers endroits d’une levée du peuple contre les nobles qui peut finir par leur massacre.
Les princes et leurs amis s’épouvantent. Necker, consulté, néglige de combattre un effroi qui le venge.
La reine pleure.
Le roi se décide alors à mander le président de la noblesse, le duc de Luxembourg.
« Monsieur, lui dit-il, je prie votre ordre de se réunir aux deux autres ; si ce n’est pas assez prier, je veux ! »
A part sa minorité libérale, la noblesse est en complet divorce d’esprit avec un prince qu’elle accuse, non sans raison, de sacrifier les vieilles traditions françaises.
Pour lutter, elle se tourne vers cet écervelé, le comte d’Artois, plus encore vers la reine qui peut s’abandonner parfois, mais qui d’ordinaire, en fille de Marie-Thérèse, ne craint le combat ni le danger.
Cazalès ose dire qu’il faut défendre la royauté contre le roi.
La réunion des trois ordres :
"Topez-là, je savais bien que vous seriez des nôtres"
gravure populaire
La médiocrité de la plupart de ses collègues prête un curieux relief à ce modeste officier, type du noble de province, qui, sans intérêt, sans calcul, demeure attaché de toutes ses fibres à l’idée royale.
Guère plus de trente ans, un grand et gros homme à bedaine, très débraillé, presque sale.
La face serait vulgaire sans des yeux de feu, rayonnants, magnifiques. Son éloquence impulsive balance parfois celle de Mirabeau avec des vibrations plus tendres et plus humaines.
Son caractère chevaleresque y transparaît.
Même ses adversaires lui rendent hommage. Tous l’aiment et l’admirent.
Mais, trop honnête pour faire un politique, contrecarré par les nobles de cour, miné par les orléanistes, il va briller comme un météore inutile, s’user en vain l’âme et la voix.
Quarante-sept membres de l'ordre de la noblesse viennent se réunir au Tiers.
En effet, 47 députés de la noblesse, dont Philippe d'Orléans, rejoignent les rangs de l'Assemblée nationale.
Création à Paris de la milice bourgeoise.