25 octobre 1824: Funérailles de Louis XVIII
Disparu lors de l'incendie des archives de Paris en 1871, l'acte de décès de Louis XVIII avait toutefois été recopié, et il a été rédigé de la façon suivante, en présence notamment de Talleyrand :
Acte de décès de Sa Majesté Louis XVIII, dressé au château des Tuileries.
Du jeudi seizième jour de septembre, l'an mil huit cent vingt-quatre, avant midi.
Acte de décès de très-haut, très-puissant et très-excellent prince Louis, dix-huitième du nom, roi de France et de Navarre, très chrétien, né à Versailles le dix-sept novembre mil sept cent cinquante-cinq, fils de très-haut, très-puissant et excellent prince Louis, Dauphin de France, et de très-haute, très-puissante et excellente princesse Marie-Josèphe, princesse de Saxe, Dauphine de France, son épouse ; veuf le treize novembre 1810, de très-haute, très-puissante et très-excellente princesse Marie-Joséphine-Louise de Savoie, reine de France et de Navarre ; décédé ce jourd'hui, à quatre heures du matin, au Château des Tuileries, à Paris.
Le présent acte dressé par nous Charles-Henri Dambray, pair et chancelier de France, président de la chambre des pairs, chancelier et commandeur des ordres du Roi, remplissant, aux termes de l'ordonnance de Sa Majesté du 23 mars 1816, les fonctions d'officier de l'état civil de la maison royale ;
Accompagné de Charles-Louis Huguet, marquis de Sémonville, pair de France, grand-référendaire de la chambre des pairs, grand'croix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur ; et de Louis-François Cauchy, garde des archives de ladite chambre et des ordres du Roi, officier desdits ordres et de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, greffier de l'état civil de la maison royale ;
En présence d'Ambroise-Polycarpe de Larochefoucauld, duc de Doudeauville, pair de France, grand d'Espagne de la première classe, chevalier des ordres du Roi, ministre secrétaire-d'état de la maison de Sa Majesté, tenant en cette qualité les registres de l'état civil de la maison royale ;
En présence pareillement de Henri Evrard de Dreux, marquis de Brézé, pair de France, grand-maître des cérémonies de France, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, officier de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur ;
Sur la déclaration qui nous a été faite par Marie-François-Emmanuel de Croussol, duc d'Uzès, pair de France, âgé de soixante-sept ans, demeurant à Paris, en son hôtel rue Saint-Dominique, faubourg Saint-Germain, n° 63, et par Bon-Adrien Moncey, duc de Conégliano, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du Roi, grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, gouverneur de la neuvième division militaire, âgé de soixante-dix ans, demeurant à Paris, en son hôtel, rue de Valois, n° 2 ; témoins désignés par le Roi à l'effet du présent acte.
Fait à Paris, au château des Tuileries, où nous nous sommes transportés en vertu des ordres du Roi à nous transmis par le grand-maître des cérémonies, et où le corps du feu roi nous a été représenté par Charles-Maurice, prince duc de Talleyrand, pair de France, grand-chambellan de France, chevalier des ordres du Roi et de la Toison-d'Or, grand'croix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, et par Louis-Marie-Céleste, duc d'Aumont, pair de France, chevalier des ordres du Roi, premier gentilhomme de la chambre de Sa Majesté, gouverneur de la huitième division militaire ;
Et ont signé avec nous, après lecture faite, les personnes dénommées au présent acte, à Paris, les jours, mois et an que dessus.
«- A bas les Bourbons, et ce gros cochon de Louis XVIII ! », Victor Hugo, Les Misérables, livre III, partie III, chapitre 8

Musée des carrosses de Versailles 2
Char funèbre de Louis XVIII
Comme nous l’avons décrit dans l’article La collection du musée des voitures de Versailles en 1851. , la collection du Musée des carrosses de Versailles était présentée dans un local spécifique situé prés du Trianon.
Sa réinstallation aux grandes écuries, en 1985, amena les conservateurs à faire une étude exhaustive de l’ensemble des voitures.
L’état d’un des véhicules, de type corbillard, posait tout particulièrement question, aussi bien par son état de conservation que par le manque d’information sur son origine. 
Le char funèbre avant sa restauration
Ce char funèbre, en mauvais état, se trouvait constitué de différentes pièces détachées. Pouvait-il être présenté au milieu des voitures, carrosses berlines, au vécu chargé d’histoire?
Curieux mystère de la volonté humaine, il est devenu un des fleurons du musée.
C’est grâce au travail de recherche et de restauration, mené par M Daniel Meyer, conservateur en chef du musée de Versailles, et son équipe, que ce phénix, si l’on peut dire cela d’un tel véhicule, renaquit de ses cendres.
"C’est à partir de l’examen de la voiture, de ses marques d’origine; M.R. 1790 comportant la couronne royale surmontée de trois fleurs de lys, et de l’observation d’un dessin à la plume de Chasselat montrant la translation du corps de S.M. Louis XVIII à St Denis, que Monsieur Roland Bossard, documentaliste au Musée National des chateaux de Versailles et de Trianon, identifia ce char funèbre comme étant celui du dernier Bourbon mort aux tuileries"
-cf.Les funérailles de Louis XVIII de Pascal Moreaux-.

Dessin à la plume de Chasselat
Le char avait conservé les sculptures de quatre divinités ailées supportant le dôme et réalisées pour le char funèbre de Louis XVIII.
Ce fut une des raisons qui amenèrent le conservateur à faire le choix de restaurer le char avec la décoration utilisée pour les obsèques de Louis XVIII.
Ce choix a été conforté par l’existence d'archives, factures, devis,sur cette réalisation. Différents éléments d’origine de la décoration avaient été conservés et pouvaient donc servir de modèle comme le drap de présentation et le drap du corbillard
(Mobilier national à Paris)

Détail du drap de présentation: velour de soie noir, grande croix moire de 65 cm,galon d’argent.
Côté du drap ; satin blanc crême imprimé de 4 armoiries.

Le drap de corbillard : drap de laine blanche, grande croix; gaze d’argent, galon d’argent.
Côté du drap satin crême, imprimé comme le drap de présentation.
La restauration mise en place en collaboration avec les spécialistes des ateliers des musées nationaux, débuta en 1987.
Elle concernait les sculptures et la fabrication de la couronne du dôme d’après un dessin de Hittorff.

Ange caryatide porteur de palme, symbole de l'espérance et de la résurrection
Détail du dôme restauré
Elle put continuer en 1991 grâce à une convention de parrainage et de soutien financier, mise en place par la Société des amis de Versailles et les Pompes Funèbres Générales.
Les PFG firent appels aux sociétés lyonnaises de Jais et Carrier-Feige-Renaud pour reconstituer et assembler avec les techniques anciennes; tentures, tapisseries, broderies, passementeries, …

Cette série de photos vous permettra d’apprécier la qualité et l’authenticité de cette restauration.

D’ailleurs, contrairement à l’usage funéraire de l’ancien régime avec lequel on renouait au plus grand étonnement des contemporains, sa dépouille alla directement à Saint-Denis sans passer par le traditionnel arrêt à Notre-Dame.
A Saint-Denis, accompagnée par le « Requiem » en Ut qu’écrivit
Cherubini pour cette occasion, la dépouille de Louis XVIII fut
Le peuple ne le pleura pas
