25 septembre 1734: Cardinal de Rohan
cardinal français, évêque de Strasbourg
À Paris, naissance de Louis René Édouard, prince de Rohan, future cardinal-évêque... de Strasbourg et grand aumônier de France, troisième des enfants mâles d'Hercule Mériadec de Rohan-Guéméné, prince de Guémené et pair de France, et de sa femme Louise, née princesse de Rohan-Rohan. Destiné à l'Église en tant que cadet, il eut une carrière météorique: ordonné prêtre à 22 ans; nommé évêque coadjuteur de son oncle, le prince-évêque Louis-Constantin, à Strasbourg, et abbé commendataire de La Chaise-Dieu en Auvergne et de Montmajour en Provence à 25; nommé évêque in partibus de Canople en Basse Egypte à 26; académique occupant le siège de La Bruyère à 27; ambassadeur à Vienne en 1771 (d'où il est rappelé deux ans plus tard par volonté de la reine Marie-Thérèse à la quelle il ne plait pas même s'il s'accorde très bien avec son fils l'empereur Joseph II); grand aumônier de France en 1777 et évêque-prince de Strasbourg à la mort de son oncle en 1779. Il avait été sacré évêque par Mgr Christophe de Beaumont du Repaire, archevêque de Paris, le 18 mai 1760 et reçut le chapeau cardinalice du pape Pie VI dans le consistoire du 1er juin 1778. Fichu d'ésotérisme, il protégea des charlatans et des aventuriers tels que le comte de Cagliostro, qui fit qu'il se mêlât de l'obscure affaire du collier de la Reine en 1784, ce qui coûta au cardinal l'arrêt et un procès public dont il sortit cependant acquitté mais devant rembourser le fabuleux prix du collier disparu. Le cardinal fut ensuite exilé à l'abbaye de La Chaise-Dieu, en Auvergne puis à l'Abbaye de Marmoutier-Lez-Tours où il passa trois ans. Il regagna alors son diocèse en 1788, à l'aube de la Révolution. Élu, malgré lui, député du clergé pour le district électoral d'Haguenau-Wissembourg aux États généraux, il fit partie de l'Assemblée constituante. Il refusa la constitution civile du clergé et ne reconnut donc pas son successeur l'évêque constitutionnel François Brendel et refusa l'abolition de la monarchie. En 1790 il s'exile à Ettenheim, en Pays de Bade, dans la partie allemande de son diocèse qu'il tenta en vain de regagner à plusieurs reprises. Ayant renoncé à son siège en vertu du concordat de 1801, il mourut à Ettenheim le 17 février 1803.

