Le tombeau de Marie-Antoinette
La foule s'est dispersée
on emporte sur une brouette le corps de la suppliciée, la tête entre les jambes
Quelques gendarmes gardent l'échafaud
Mais personne ne s'occupe du sang qui lentement pénètre dans la terre; l'endroit est redevenu désert
Seule la déesse de la Liberté, figée dans sa pierre blanche, est restée à sa place, immobile, et continue à fixer son but invisible
Elle n'a rien vu, rien entendu
Sévère, elle regarde dans le lointain, par-delà les sauvages et absurdes agissements des hommes
Elle ignore et veut ignorer ce qui se passe en son nom
- M. Dambray, chancelier de France, commandeur des ordres du roi;
- M. le comte de Blacas, ministre et secrétaire d'Etat au département de la maison du roi;
- M. le Bailli de Crussol, chevalier des ordres de Sa Majesté, Pair de France;
- M. de Lafare, évêque de Nancy, premier aumônier de Son Altesse Royale Madame, duchesse d'Angoulême ;
- M. Distel, chirurgien de Sa Majesté ;
- MM. Descloseaux, Danjou, etc...
Le corps de Marie-Antoinette avait été renfermé dans un cercueil de bois. "Ce cerceuil de bois résista assez de temps pour que la chaux qui étoit dessus, délayée par l'eau qu'on y avoit jetée, et comprimée par le tassement des terres dont elle avoit été recouverte, pût se lier et former une voûte au-dessus du corps de l'infortunée princesse, qui eut la douleur de survivre neuf mois cinq jours à son auguste époux. Les ossemens de la Reine de France ont donc été retrouvés dans un état de conservation, avec quelques parties de vêtement, ses jarretières que le temps avoit respectées, et quelques débris de sa bière. Cette voûte en partie intacte lors de l'exhumation, a été reconstruite en plâtre. La place est marquée ; elle est sanctifiée par le malheur. Une chapelle y sera un jour édifiée (...) Ces précieux ossemens furent déposés dans une cassette jusqu'à ce qu'on les transmît dans les cerceuils de plomb, destinés à les renfermer" (extrait de la "Notice sur l'exhumation de leurs majestés Louis XVI et Marie-Antoinette", par Louis-Edme Barbier, janvier 1815).





Le 19 janvier 1815, on exhuma les ossements du roi.
Le 20 janvier 1815, les ossements du roi et de la reine furent enfin placés dans des cercueils de plomb.
Selon Barbier, "les formes fortement prononcées qui caractérisoient la belle tête de cette princesse, étoient parfaitement reconnaissables par la conservation de cette partie. A leur aspect, M. le prince de Poix parut particulièrement livré à la plus vive émotion (...)".



La translation des dépouilles mortelles de Marie-Antoinette et Louis XVI à la basilique de Saint-Denis eut lieu le 21 janvier 1815.
Le cortège arriva à Saint-Denis à 13h15 et la cérémonie ne prit fin qu'à 18h, heure à laquelle les princes se retirèrent.
Photo de la crypte murée :

En 1975, des travaux furent entrepris. La crypte fut réouverte et les cercueils furent descendus un étage en-dessous. Des dalles noires furent installées dans la crypte qui avait autrefois accueilli le cercueil de Marie-Antoinette.



Sous les dalles noires installées en 1975, il y a donc le nouveau caveau des Bourbons, qui contient, notamment, le cercueil de Marie-Antoinette.
Photos des cercueils des deux princes de Condé, installés dans le caveau situé en-dessous de la crypte :

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La boîte aux ossements contient pas mal de monde :
- Omoplate de Hugues Capet,
- fémur de Charles V
- tibia de Charles VI
- vertèbre de Charles VII
- vertèbre de Charles IX
- côte de Philippe le Bel
- Côte de Louis XII
- Mâchoire inférieure de Catherine de Médicis
- Tibia du cardinal de Retz.
Cette boîte aux ossements a été retrouvée au Louvre, par un employé, en 1898.
la nuit, la neige a écrit:.
Quant à ce mémoire comptable ... déjà, il est cité de manière très incomplète par les Goncourt. Il n’y a vraiment pas grand chose.
Je rappelle surtout que, sauf erreur de ma part, le calendrier républicain est d’usage !
Ainsi, le 25 vendémiaire an II correspondrait au 16 octobre 1793.
Herman signant et approuvant ces comptes le 11 brumaire, soit le 1 novembre 93. Normal pour une « administration ».
MARIE ANTOINETTE a écrit:
Etat de la crypte centrale de SAINT DENIS jusqu'en 1975 avant le nouvel aménagement de FORMIGE - rangée de DROITE : cercueils de LOUIS XVIII, de MESDAMES, de LOUISE DE LORRAINE épouse d'HENRI III, de LOUIS VII... Ceux de LOUIS XVI et de MARIE ANTOINETTE sont au milieu.
L'ensemble formant deux rangées sur des tréteaux. Au fond, l'amoire des coeurs aujourd'hui détruite.
Ils ont été descendus vers 1977 dans le caveau du dessous - à la place ont été déposées des dalles de marbre noir avec les noms .
bonne lecture
MARIE ANTOINETTE
LOUISE DE LORRAINE est la seule reine de france qui n'avait pas été trouvée lors de l'ouverture des tombes en 1793 - son cercueil était intact lors de sa découverte.
A lire cette page, le fossoyeur de 1793 est présent lors de l'inhumation ? Cela serait un gage d'exactitude, il est en mesure de localiser, d'identifier cercueil et bière ....
Je confirme que le corps de la Reine n'est pas resté au bord du trou pendant plusieurs jours - les fossoyeurs sont partis déjeuner et à leur retour ils ont placé la biere sans couvercle dans la tombe en la recouvrant de chaux.
Par contre, ils ont présenté la facture en fin de mois d'OCTOBRE et le règlement n'a été effectué, preuves comptables en mains, que le IER NOVEMBRE 1793.

Emplacement des tombes avant relevage pour SAINT DENIS.

Une curiosité aux CATACOMBES - les locataires du cimetière de la Madeleine - accident de la place LOUIS XV au moment du mariage et aménagement des lieux pour y placer les guillotinés de la révolution en ouvrant des fosses communes qui sont visibles par des bandes de gazon.
A lire cette page, le fossoyeur de 1793 est présent lors de l'inhumation ? Cela serait un gage d'exactitude, il est en mesure de localiser, d'identifier cercueil et bière ....
Oui, tout à fait.
Le fossoyeur Joly, qui avait enseveli le corps de la reine, a ensuite bien participé à son exhumation le 18 janvier 1815.
On sait, d'après les documents retrouvés aux archives (v. ci-dessus), que Joly s'était fait payer pour enterrer Marie-Antoinette... Or, le "pieux Joly" a semble-t-il affirmé le contraire à la Restauration (à en croire, en tout cas, la "Notice historique sur l'exhumation..." publiée en 1815).





