Overblog Tous les blogs Top blogs Célébrités Tous les blogs Célébrités
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 Oct

16 octobre 2007: Messe anniversaire à la mémoire de Marie-Antoinette

Publié par Louis XVI  - Catégories :  #Infos

Mardi 16 octobre 2007 à midi


Messe anniversaire à la mémoire de Marie-Antoinette

Basilique de Saint-Denis

 

Célébrée par Monsieur l'Abbé Christian-Philippe Chanut du diocèse d'Evry

 

en présence de S.A.R le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme

 

Homélie de Monsieur l'abbé Rodde Curé de Saulx-les-Chartreux du diocèse d'Evry

 

  l'homélie

 

 de l’abbé Dominique RODDE

 

 

Messe de Requiem

 

pour Marie-Antoinette reine de France et de Navarre

 

Chacun de nous se souvient, presque comme avec crainte et en tremblant du tout à la fois terrible et redoutable rituel, qui clôture les funérailles des membres de la maison d’Autriche. Arrivé aux portes du tombeau, celui qui vient de remettre à Dieu son âme, de par la voix d’un religieux s’entend demander de se dépouiller de tous ses titres, et de ne se présenter que par son seul prénom de baptême assorti du qualificatif de pauvre pécheur. Ce rituel ne fait finalement que s’inscrire dans la droite ligne de l’austère étiquette de la maison d’Autriche et pour un esprit catholique peut être regardé comme la vivante illustration du Dies irae, la séquence de la messe des défunts. Ingemisco tamquam reus, culpa rubet vultus meus… « Je gémis, je suis coupable, j’ai péché mon visage en rougit de honte… »

 

Au petit matin blême du 16 octobre 1793, Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine, reine de France et de Navarre, archiduchesse d'Autriche et Princesse royale de Hongrie et de Bohême, fille de l’empereur François de Lorraine, veuve du Roi Louis XVI et mère du roi Louis XVII, s’est vue au terme d’un ignominieux procès qui aura duré à peine 48 heures, s’est vue condamner à la peine capitale. Et alors que la funeste charrette la conduit vers le lieu de son supplice, ironie de l’histoire, c’est à David, un député conventionnel qui vota la mort de son royal époux, c’est à lui que nous devons ce croquis qui censé figurer la mort, immortalisera et lèguera à la postérité les traits de cette jeune femme d’à peine tente huit ans en marche vers l’éternité. Cette scène émouvante s’il en est, n’a aucun lien avec l’austérité des rites funéraires de la cour d’Autriche, mais fait éclater au grand jour l’atrocité du cœur de l’homme conduit au paroxysme de sa laideur par la lèpre du péché.

 

Courte fut sa vie, mais dense et bien remplie. Une existence, où joie et peines se sont intimement liées, de la façon dont elles le sont pour tisser la trame de toute vie humaine. Quelles sont alors ses pensées ? Relit-elle alors dans son cœur comme en un livre dont on ne se lasserait de tourner les pages, les moments partagés de tendresse et d’affection avec ses parents au palais de la Hofburg à Vienne et au château de Schönbrunn ? Les heures féérique de ses premiers pas à la cour de France en 1770 au temps du roi Louis XV le Bien-aimé ? Les moments de ses épousailles avec le jeune dauphin de France, les joies de ses maternités successives : Marie-Thérèse, Louis-Joseph, Louis- Charles, Sophie-Béatrice? Ses premiers pas comme Reine de France et de Navarre conséquemment au trépas de Louis XV en 1774 ? Ou bien est-ce qu’en son cœur se bousculent le souvenir des heures de l’épreuve, la mort prématurée du dauphin Louis-Joseph et de Sophie-Béatrice ? La populace qui vocifère sous les fenêtres du château de Versailles ? La fuite éperdue et l’arrestation à Varennes, le retour à Paris, la prison pour tous, le procès du Roi, sa condamnation à mort, son exécution ? Nul ne saurait le dire, mais tous nous pouvons le deviner. Jusqu’au bout, usque in finem, elle aura été Reine, épouse et mère, tout cela pensé et vécu dans cet esprit de charité, de confiance et d’abandon que seule la foi catholique peut procurer.

 

Sous sa plume, et alors que l’inique sentence est déjà prononcée nous pouvons lire : « Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée… » « Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger… » On lui amena effectivement un prêtre, un de ceux qui avaient prêté serment à la Constitution dite civile du clergé de France, un prêtre jureur, et donc schismatique, son cœur catholique savait qu’elle n’avait rien à attendre de lui, surtout pas une absolution qui aurait été invalide. « Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que dans sa bonté Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. » Si lorsque son corps sera conduit au cimetière de la Madeleine, nulle voix ne se fera entendre, pour faire monter vers le ciel la douce supplication de la liturgie de l’Église suppliant la cour céleste de se porter au devant de l’âme du défunt pour la présenter à la Majesté divine : Subvenite sancti Dei… Venez saints du ciel… » Ceux qui ainsi privaient la défunte des honneurs de la sépulture ecclésiastique ne réalisaient certainement pas que cette prière avait déjà été pour une grande part exaucée, et qu’au devant de notre Reine s’étaient avancés avec à leur tête le saint Roi Louis IX, tous ceux et celles de la famille de France que par béatification ou canonisation la sainte Église avait élevés à la gloire des autels. Et c’est ainsi, que pour la reine se réalisait le souhait que sa tante Louise de France, la future vénérable Mère Thérèse de saint Augustin endormie dans le seigneur en 1787 avait formulé pour elle-même : « Au paradis ! Vite ! Au grand galop ! »

 

Au paradis, où comme elle l’écrivait à MmeElizabeth elle allait rejoindre le roi Louis son époux : « Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. » En mourant, la Reine n’allait pas seulement écrire de son sang une des pages les plus sombres de notre histoire de France, de ce même sang elle allait arroser le sol de France, de notre France, le mêlant ainsi à celui de son royal époux, le sang des martyrs est semence de chrétienté, puissent aujourd’hui après avoir mêlé leur sang aux pieds des bois qui n’étaient plus ceux de la justice mais de l’injustice, puissent leurs âmes unis dans la paix du Royaume des cieux, faire monter vers le Souverain des rois de la terre une ardente prière pour le Royaume, qui fut un jour par leur aïeul le roi Louis XIII remis entre les augustes mains de la Reine de la cour céleste, la très sainte Vierge Marie. Et qu’ainsi la France ne démérite jamais de son titre de fille aînée de l’Église et que telle un phare dressée dans le tumulte des océans elle rappelle aux nations européennes nos racines chrétiennes.

Amen.

 

 

 

Avec la participation de Maître Pierre Pincemaille Titulaire des Grandes Orgues de la Basilique ainsi que Le Groupe Schola Sainte-Cécile Monsieur Henri de Villiers et Monsieur Sébastien Mahieuxe ( Ténors )

et Monsieur Nicolas Pichon, organiste à l'orgue de coeur.

 

Site officiel

PHOTOS DE LA CEREMONIE

Photographe: Jean-Claude Chabrier (C.H.R.I.S.T.O.S.)


Commenter cet article

À propos

Louis XVI au jour le jour