Rez de chaussée - Aile nord - 98 Chapelle royale - Tapis
Tapis de la Savonnerie pour la Chapelle royale.
Après sa consécration en 1710, la Chapelle royale de Versailles reçut l'ornement sompteux de tapis commandés à la manufacture royale de la Savonnerie... En 2006 seules quelques pièces existtent encore de cette commande
Une grande commande initiale suivie de nombreux retissages
Introduite en France sous Henri IV par le tapissier Pierre Dupont, la technique du tapis au point noué « façon de Turquie et du Levant » prit son essor sous Louis XIII, lorsque Simon Lourdet, un apprenti de Dupont, créa sous patronage royal, un atelier dans le bâtiment d'une ancienne savonnerie située à Chaillot.
La manufacture, appelée désormais Savonnerie, connut son heure de gloire sous le règne de Louis XIV avec le tissage entre 1670 et 1685 de quatre-vingt-treize tapis destinés au plancher de la Grande Galerie du Louvre. Par la suite, la manufacture, qui ne reçut plus que de rares commandes, connut un déclin certain. La commande en 1709 des tapis de la chapelle de Versailles vint à point nommé pour redonner un certain essor à la manufacture. Les tout premiers tissages furent destinés logiquement à garnir le dallage du sanctuaire et le marchepied du maître-autel, c'est-à-dire de la partie la plus sacrée de l'édifice, ainsi que les marches des autels secondaires et le sol de la tribune du roi à l'étage. La commande avait été répartie entre les deux ateliers de la manufacture de la Savonnerie dirigés par Bertrand-François Dupont et Simon II Lourdet.
1710 : livraison du tapis de la tribune du roi et du marchepied du maître-autel
1711 : trois petits tapis à symboles monarchiques placés près du prie-dieu royal, et autres tapis pour les marches, le dallage, le marchepied des autels et le sol des deux logettes de la tribune royale.
1712 : tapis de l'autel de la Vierge
1713 : tapis des autels de saint Philippe et de saint Charles
1720 : banqueroute de Law...le tissage des tapis est interrompu et ne reprendra qu'après la Régence, lors du retour de la cour à Versailles
1723-25 : trois tapis pour la nef
1727-28 : deux autres tapis pour la nef. Le dernier de ces tapis fut livré au Garde-Meuble le 15 décembre 1728
L'affluence quotidienne à la chapelle et l'usage intensif des tapis, qui n'étaient constitués que de laine, entraînèrent leur détérioration. Afin de remplacer les exemplaires trop usés, la manufacture de la Savonnerie se trouva ainsi amenée à effectuer leur retissage
1730-35 : retissage du tapis de la tribune et de ceux des sanctuaires
1759-62 : retissage du tapis de la tribune et des 4 tapis du maître-autel
1772-89 : retissage du tapis de la tribune et des 3 grands tapis de la nef
ca 1830 : deux tapis sélectionnées par le duc d'Orléans pour être envoyées à Meudon, sa résidence particulière
XIXe et XXe siècle :
> pièces recueillies en Angleterre par le Baron Ferdinand (1839-1898)
> grand tapis de la nef installé par Béatrice de Rothschild (1864-1934) dans sa villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat
